Incendie des engins en Ituri: « La peur au ventre, mais obligés de prendre le risque pour la survie des familles. Le désarroi des chauffeurs »

Le désarroi des transporteurs des marchandises de Butembo vers l’Ituri est énorme face aux incendies répétitifs. Malgré cela, ils sont obligés de prendre le même risque sur la même route au quotidien pour la survie de leurs familles. Ils n’ont personnes auprès de qui réclamer.

La peur au vendre mais obligés de prendre le risque pour la survie des familles

 « Nous avons énormément peur. Notre travail est le fruit de nos propres efforts pour survivre. Ces incendies nous laissent en émoi. Autant des véhicules, des marchandises, des personnes réduites en centre, et l’Etat ne dit rien. Nous ne savons que faire mais nous sommes obligés de prendre le même risque pour la survie de nos familles », déplore un agent d’une agence des frets sur avenue Butembo rencontré en train d’enregistrer des nouveaux colis à expédier.

« Nous ne savons pas pourquoi nous sommes victimes. Si le pays est divisé qu’ils nous le disent pour que nous payions nos taxes à leurs barrières afin que nos véhicules circulent sans problème. Nous sommes des débrouillards. On te prête un véhicule pour la survie de ta famille et on brule l’engin.  Comment on va faire pour rembourser la dette et nourrir la famille ? », S’interroge sans réponse un chauffeur.

Défis logistiques

« Ce tronçon a des nids des poules sur environ 80 km. Il faut d’abord réparer cet endroit. Car malgré le convoi, si un véhicule a une panne ca ralentit tout le monde », déplore un chauffeur parlant des circonstances de l’incendie de 16 véhicules récemment sur la route Komanda.

« Le convoi est un échec. Est-ce qu’il faut une escorte pour sortir ou entrer dans ta maison ? Ça c’est un échec ! Et puis, ils sont combien des militaires pour convoyer une centaine des véhicules ? Que font les drones de la MONUSCO ? », d’autres questions sans réponses d’un chauffeur abattu par les évènements et complété par Jonas, un autre chauffeur : «  Depuis que les massacres ont commencé, de 3 antennes à Komanda, la population de cet endroit s’est déplacée. Avec ce convoie est ce qu’on pense à leur retour chez eux un jour ?»

Aucune justice

« Auprès de qui  réclamer?  Le propriétaire de l’engin est brulé dans l’engin. Et il n’y a aucune structure pour nous défendre. Si on cesse le travail pour réclamer, les autorités de l’Etat de siège, nous exigent à rouvrir nos portes. Est-ce qu’on n’a pas ce droit ? On ne sait pas ce que nous nous avons fait », se désole Mbale, un chauffeur d’un camion.

Hervé Mukulu

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