Butembo-aviculture : la variole, évitable mais décime la volaille par amateurisme des aviculteurs

La variole est l’une des malades virales qui menacent de plus en plus l’élevage de la volaille en ville de Butembo, en province du Nord-Kivu. Alors qu’elle peut être prévenue par la vaccination et le respect des mesures prophylactiques.

La culture du suivisme entrepreneurial qui caractérise la ville de Butembo pousse certains à investir leurs capitaux dans l’élevage commercial des poules sans au préalable avoir reçu des prérequis sur la lutte contre les maladies infectieuses. Ce qui leur fait encaisser d’énormes pertes que déplore Réginald Saliboko, Médecin vétérinaire, responsable du Laboratoire vétérinaire de Butembo et Assistant au sein de la faculté de médecine vétérinaire à l’Université Catholique du Graben.

La variole est une maladie virale qui touche plusieurs espèces du règne animal. Particulièrement pour la volaille, il s’agit des avipox-virus dont une vingtaine d’espèces qui sont antigéniquement analogue et en majorité endémique en zone tropicale.

Tembo Livanda Celeste, vétérinaire clinicien au laboratoire vétérinaire de Butembo explique les syndromes de cette maladie.

« De la forme cutanée jusqu’à la forme bucco-pharyngien, ça évolue en s’aggravant. Dans la forme occulo-nasale, elle se caractérise par la présence des mucus, des écoulements nasaux, des problèmes oculaires comme la conjonctivite.  Dans la forme bucco-pharyngien, au niveau de la bouche, au niveau de la tranchée et de l’œsophage, il y a formation des fausses membranes dont l’évolution aboutit à une nécrose », explique-t-il.

Une maladie pourtant évitable par le respect des mesures hygiéniques et le respect du calendrier vaccinal.

Le problème reste la mentalité locale qui se caractérise par un suivisme entrepreneurial déplore Docteur Reginald Saliboko, spécialisant en épidémiologie et contrôle intégré des maladies des animaux et assistant au sein de la faculté de médecine vétérinaire à l’Université Catholique du Congo.

« Il y a des éleveurs opportunistes qui estiment que pour le moment la volaille est rentable ; ils se lancent dedans avec beaucoup d’amateurisme. Ce qui fait qu’ils sont parfois victimes des malades pourtant contrôlables puisqu’ils ne sont pas rodés par rapport au suivi du calendrier vaccinal et du respect des normes hygiéniques.»

Docteur Reginald recommande que dès l’apparition des premiers symptômes, il faut vite contacter un vétérinaire car ce virus se propage très vite. Avec une durée d’incubation de 14 jours, certains éleveurs hésitants perdent jusqu’à 100% de leurs volailles. Ce qui s’avère des pertes graves qui peuvent avoir une incidence sur l’économie locale et la santé humaine.

Car un éleveur qui perd son bétail est malade d’une manière ou d’une autre sur le plan psychologique mais aussi physiologie avec autant des stress à gérer.

Reginald Saliboko, initiateur du laboratoire vétérinaire de Butembo , plaide pour le financement de la recherche afin de comprendre les facteurs qui favorisent la résurgence  des maladies infectieuses dans les poulaillers pour mieux les combattre et chiffrer l’impact socio-économique de ces maladies sur l’économie locale.

HERVE MUKULU

 

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