RDC-Musique : « Nini tosali te » et « Lettre à Ya Tshitshi », des hymnes d’une jeunesse trahie par sa classe politique

Au pays de la Rumba, pour une fois l’actualité musicale de la semaine n’a pas été dominée par la danse des reins. L’espace d’un instant, d’une conscience éveillée. Les velléités des problèmes de cœur et du corps, sujets chouchoux de la rumba congolaise, ont laissé place à un autre genre de musique. Le RAP. Le RAP, on le connait bien quand il s’agit du rap américain ou français. Le rap congolais en lingala peine encore à se tailler de la place, même à Kinshasa. Pour une fois tout le monde a parlé même langage au son de « Nini Tosali te » et « Lettre à Ya Tshitsi ». Deux tubes qui sont considérés maintenant comme des hymnes d’une jeunesse accusée de beaucoup des maux mais dont parfois on ignore les durs combats. Pas besoin de danser, juste écouter avec le cœur.

«Ba kelasi pe to tangi yaya
jeûne et prière pe to sali yaya
ba liens ya famille pe to kati yaya
il faut ko lutte esi to lutter yaya aaaahh nini to sali te
 »

« Nini Tosali te ». Ce tube composé par le duo Yuma et Zozo du groupe Musique Populaire de la Révolution MPR est devenu un hymne de la jeunesse congolaise dès sa sortie il y a seulement 7 jours. Il peint en des mots justes coloriés par un scenario saisissant la triste réalité de la jeunesse du pays de Lumumba. Le Congo qui peine à décoller depuis plus de 60 ans. Le pire reste de voir les sacrifices des pauvres parents tomber à l’eau quand les enfants qu’ils ont scolarisé au prix de la sueur de sang n’arrivent pas à prendre soins d’eux.

« Maman osala tout na koma licencié
oteka mapa makala na quartier
mais na zangi moyen yako zongisela yo sourire
partout na toquer bazo yamba te
po to mérité nionso oyo to sala nini
 »

 

Ayant touché le fond, cette jeunesse cède à tout presse, aux anti-valeurs comme le ”bombé” jusqu’à la spiritualité la plus irréfléchie comme des séances des délivrances interminables des démons de famille. Et c’est la que la balle revient dans le camp des dirigeants pour leur demander.

« Est-ce que ozo mona ndenge to perdre patience uuuhhhmmmm
na ba sourires na biso oyo mawa ahhh oyo mawa ahhh
 »

 

 

Ces questions sont plus saisissantes dans le tube « Lettre à Ya Thsithsi » de Bob Elvis. Il met en dérision toutes les promesses du sphinx de Limété que son fils n’a pas encore pu tenir. Le slogan mythique « Le peuple d’abord » d’un parti social vieux de 40 ans dans l’opposition semble avoir changé à « Le voyage d’abord. »

« Ya Tshitshi band’o kenda

Mwana n’o Félix a koma président

(Président)

Wapi le peuple d’abord

Ba accords politiques e zui Congo en otage

(E za mawa) »

Et si seulement le sphinx était encore vivant qu’aurait-il pensé de ça ?, s’interroge Bob Elvis.

Le tube « Nini Tosali te » a eu le plébiscite des grands de la musique engagée comme Lokwa Kanga, Alesh l’auteur de « Biloko ya Boye », Yousoupha, le symbole du rap congolais à l’international en ces jours,et bien d’autres comme Kalash Criminel. La classe politique congolaise a été tellement bouleversée que les deux chansons ont été censurées. Une mesure publicitaire supplémentaire.  « Nini Tosali te » a realisé l’impossible, 1 millions de vues en cinq jours sur You tube pour un rap congolais. Un peu honteux et confus, le gouvernement Sama a dû reconnaitre le zèle de certains agents de SOCODA et les chansons ont été re-autorisé de diffusion. Une décision sans effet pour Bob Elvis car depuis 5 ans, lui et ses chansons révolutionnaires ne sont jamais diffusés à la télé mais ils touchent des consciences et c’est l’essentiel a-t-il dit.

HERVE MUKULU

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