Boycott de l’aide gouvernementale à Oïcha : des élus sont unanimes , un politologue redoute l’instrumentalisation (Anselme Kitakya, Jules Vahikehya et Prof Muhesi)

Le mercredi 26 août à Oïcha, la population a refusé le don du gouvernement apporté par le ministre de l’action humanitaire, Steve Mbikayi. La population ne réclamait que la paix et rien que la paix. Une attitude qui fait débat. Les élus du territoire de Beni, aussi bien de l’opposition que de la majorité, sont unanimes sur le sens de ce  geste. Le Professeur Kahindo Muhesi Augustin, enseignant en sciences  politiques  n’exclu pas la thèse d’une instrumentalisation de la population

 Ce boycott est une expression d’un besoin de paix, a fait savoir le député national LAMUKA Jules Vahikehya tout en soulignant que depuis le début des massacres, « La caravane pour Beni »est la toute première assistance gouvernementale en faveur de cette zone sinistrée.

Il félicite la bravoure des élus qui ont décroché cette assistance. Son boycott par les bénéficiaires  est une manière de faire passer un message : «La population en refusant, elle a saisi une opportunité. Ce n’est pas qu’elle n’a pas besoins des tôles mais elle a placé le besoin de la sécurité au-devant des tôles et nourritures mais aussi elle a saisis l’opportunité de passer un message. », explique Jules Vahikehya.

Lecture partagée par l’élu provincial  de Beni pour le compte de la  plate forme au pouvoir, FCC, Professeur Anselme Kitakya. « Même si cette pratique n’est pas à encourager, il s’agit de l’expression d’un besoin de paix », a-t-il fait savoir.

Pour le Professeur  Kahindo Muhesi Augustin, doyen de la  faculté des sciences politiques à l’Université Catholique du Graben, « Il est vrai que la population a exprimé son besoin de la sécurité  mais il n’est pas exclu que ce boycott soit le travail de politisation, d’instrumentalisation par certains acteurs politiques, des mouvements citoyens qui peuvent se dire qu’il faut donner honte au pouvoir en lui montrant que la population n’a pas besoin d’aide en terme  d’assistance humanitaire mais plutôt besoin d’action concrète en terme de pacification ».

Le boycott de cette aide  peut également s’agir des déboires dus  à l’impréparation de l’intervention gouvernementale, ajoute le professeur.

Pour rappel, les déplacés de guerre vivants à Oïcha   ont boudé mercredi 26 août 2020, l’assistance du gouvernement congolais.

Dans un entretien avec le ministre des actions humanitaires en RDC, Steve Mbikayi, qui s’est rendu ce mercredi à Beni, ils  derniers plaident pour le retour de la paix dans leur région.

Georges Kisando Sokomeka

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