Butembo : beaucoup d’incertitudes pour l’enrôlement des électeurs au nord de la ville

Le nombre des personnes enrôlées risque de connaître une baisse considérable dans la partie nord de la ville de Butembo lors des opérations de révision du fichier électoral annoncées pour le 16 février dans l’aire opérationnelle III de la RDC. A la base, de nombreux habitants de Mihake, Byasa, Furu,  Kangothe, Kavale et Lwamiso;  ressortissants du territoire de Beni pour la plupart, sont déjà retournés dans leurs villages de provenance fuyant l’insécurité qui a élu domicile dans ce coin de Butembo.

Des avenues désertées, des maisons d’habitations abandonnées,  Kangothe est devenue une entité désertée par ses habitants . Resté seul dans sa parcelle, le nommé Paluku Linzo résiste encore aux vagues de déplacements.

« Nombreux sont déjà partis, certains ménages que nous connaissons se sont vidés. La plupart retournent dans leurs villages d’origines, tels que Maboya, Mabuku, Kanyatsi…de ce côté-là, ils préfèrent retourner faire les champs puisque la situation sécuritaire devient préoccupante », explique-t-il.

A quelques jours du démarrage des opérations d’enrôlement, l’incertitude ne cesse de s’accroître. Quelques habitants qui résistent encore sont dans le qui-vive.

« On ne sait même pas si les gens reviendront pour l’enrôlement. La situation n’est pas bonne, elle est incertaine ici chez nous. Si les opérations démarrent dans cette situation, les gens ne reviendront pas c’est sûr parce qu’ils auront fait une chose et son contraire. Par contre si la situation s’améliore avant l’enrôlement, ils peuvent revenir, mais pas maintenant en tout cas, parce que même quand nous leur demandons de venir pour une simple visite, ils disent  non,  nous ne pouvons pas venir la situation n’est pas bonne ». 

Ils  redoutent un rendez-vous manqué avec la Commission Electorale Nationale Indépendante, (CENI).

S’adressant au conseil urbain de sécurité, un habitant de la cellule       Vukonderwa invite les services de sécurité à rétablir la paix dans cette partie de la ville, seule préalable au retour de la population dans ce coin. 

« Nous demandons aux autorités  de la ville de nous aider à rétablir la quiétude pour que tout le monde revienne dans son logis, nous n’avons que besoin de tranquillité », implore cet homme de la quarantaine.   

La partie Nord de Butembo fait l’objet d’ attaques de la part des hommes armés depuis plusieurs mois. Cette situation perdure en dépit du renforcement de la présence des militaires  FARDC qui, par moment, procèdent aux opérations de bouclage à la recherche des semeurs de troubles.

Jackson SIVULYAMWENGE