Butembo-Covid 19 : Officiellement fermés, plusieurs bistrots se sont déplacés dans les maisons des tenanciers à leur risque et péril

Vendre de la bière dans les lieux officiels de vente est devenu une activité périlleuse. En exécution de la mesure du chef de l’Etat ordonnant la fermeture de bars et restaurants pour se prévenir d’Ebola, les services de sécurité sont à la trousse des tenanciers des bars et restaurants qui ouvrent leurs portent et leur infligent des amendes exorbitantes témoignent certains tenanciers rencontrés. Les preneurs se rabattent quant à eux sur la bière vendue dans les domiciles, les bars et restau étant fermés.

Musique douce, porte fermée, bruit non admis. Voilà l’ambiance des lieux de vente de boisson depuis que ces endroits sont interdits de fréquentation par la mesure du chef de l’Etat. Pour avoir de la bière aujourd’hui, il faut être un connaisseur confient ces jeunes rencontrés à ce lieu de vente, nous sommes en commune Bulengera. « Nous buvons dans les domiciles des particuliers. C’est souvent dans les maisons. Si c’est un peu loin de la ville, on prend même en plein air mais toujours dans les parcelles. Aujourd’hui prendre de la bière demande qu’on connaisse les habitations des vendeurs. Ce sont les lieux plus au moins sécurisés. En ville on peut se faire surprendre par les services de l’ordre qui traquent les bistrots ouverts » ont-ils témoigné.

Les services de sécurité font peur aux tenanciers des bars et restau

Quelques buvettes et bar-restaus fonctionnent en ville, mais en guichet fermé. Les tenanciers indiquent faire fonctionner ce service minimum la peur au ventre, car si des agents de sécurité les surprennent, ils leurs font payer des grosses amendes. « Ils viennent à n’importe quelle heure de la journée. En face de moi ils sont arrivés à 21heures et ont intimidé tout le monde. S’ils vous trouve en train de faire fonctionner votre activité, même en guichet fermé, avec un seul client à l’intérieur, ils vous font payer des amendes » a indiqué une tenancière. A un autre d’ajouter : « Pour mon restaurant, je peux juste accueillir une personne par table. Au max deux. Les jours où ils viendront me bousculer je ne le connais pas. Quand je réalise que je viens de finir une journée sans qu’ils ne viennent, je loue Dieu. C’est un calvaire

Quand le règlement des comptes s’invite à cette situation

L’exécution de la mesure du chef de l’Etat est aussi devenu une occasion de règlement des comptes ajoutent ces tenanciers de restau bar. « Si quelqu’un a un petit contentieux avec vous, il vous surveille et appelle l’ANR au moindre moment que vous avez ouvert votre porte. Nos ennemis en profitent pour dénoncer et cette fois, ils n’ont pas besoin de  payer pour nous faire du mal. Ce sont les agents de l’ANR qui nous coincent » témoignent ces vendeurs clandestins du breuvage mousseux rencontrés chez eux et d’autres que nous avons croisé dans leurs lieux de service. Ils appellent l’Etat à penser aussi à leurs familles qu’ils nourrissent de cette activité qui n’est pourtant pas illégale.

Emma KATERI

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