Butembo : des opérateurs économiques partagés sur la série d’actions citoyennes décrétées par la NSAC

C’est depuis le mardi 7 juin 2022 qu’a débuté en ville de Butembo une série d’actions citoyennes pour dénoncer l’insécurité toujours grandissante à Beni et Ituri.  La nouvelle Synergie des associations et corporations NSAC regroupant des syndicats, des corporations, des groupes de pression et mouvements citoyens a notamment décrétée la suspension des taxes et impôts, l’organisation des journées ville morte et d’autres actions de revendications. Des mesures diversement commentées par les opérateurs économiques interrogés par La Voix de l’UCG.

Les habitants de Butembo en ont assez. Des mesures sans impact. C’est le désespoir dans le chez de nos interviewés. On ne peut pas payer les taxes à un Etat qui ne nous sécurise point, a dit Monsieur Moïse, un commerçant ambulant.

« Depuis le début de la grève, rien ne marche. Tel que vous le constater, nous sommes assis ici sur le banc et n’avons rien à faire. Il n’y a pas de boulot ni de client. On brûle les véhicules et marchandises, alors comment allons-nous payer les taxes », s’interroge-t-il.

Les journées villes mortes et l’incivisme fiscal peuvent se retourner contre la population, estiment d’autres habitants œuvrant dans des boutiques au centre-ville.

« Comment peux-tu décréter l’incivisme fiscal alors que toi-même tu n’as pas de boutique.  Il serait logique que l’organisateur nous dise par exemple que voyez-vous que je ne paye pas de taxe depuis trois mois, faites comme moi, le contraire n’est que pure distraction. C’est exposer inutilement les commerçants », clame un marchand.

« Comment va-t-on vivre sans ouvrir nos boutiques ? Auparavant ils nous ont demandé de ne pas payer les taxes, on a accepté.  Mais trois mois après, le fisc est venu et a menacé de sceller nos commerces », explique madame Grace qui désapprouve la démarche.

« Il faut faire très attention avec ces genres d’actions. Elles peuvent être louables mais aussi l’ennemi peut en profiter comme stratégie de nous infiltrer »,   redoute monsieur Matsipa.

Tous sont unanimes pour le retour de la paix à Beni et en Ituri.

Pour rappel, dans son communiqué de presse rendu public le lundi 06 juin, cette synergie justifie sa série d’actions par la prorogation illogique et continue de l’état de siège qui a pourtant montré ses limites, la poursuite des massacres des civils.

La synergie formule plusieurs recommandations parmi lesquelles la relève de tous les militaires ainsi que leur commandement et la mutation de tous les militaires ayant intégré l’armée à partir des groupes armés, elle demande aussi au président de la république d’ordonner la fin de l’état de siège.

Parmi les structures derrière cette initiative, on peut signaler les groupes de pression et les mouvements citoyens Lucha, Véranda Mutsanga ou encore Anti gang…

Georges Kisando Sokomeka