Nord-Kivu: la jeunesse, tranche d’âge la plus touchée par le VIH SIDA à Butembo (SOS de l’ONG FEPSI)

4,6% de la population vivant en ville de Butembo est atteinte par le VIH/SIDA au cours de cette année 2022. Un taux de prévalence revu à la hausse par rapport à celui de l’année passée,  3,7%.  Ce tableau sombre est peint par le centre hospitalier Femme Engagée pour la Promotion de la Santé Intégrale (FEPSI) à l’occasion de la célébration ce jeudi 1er décembre de la journée mondiale de la lutte contre le VIH/SIDA. Selon cette structure spécialisée dans la prise en charge de cas de personnes vivant avec le VIH/Sida, la situation sécuritaire précaire en territoire de Beni et l’exploitation sexuelle des jeunes filles dans les maisons de tolérance sont à la base de cette croissance de contamination.

Rencontré en pleine consultation de patients dans son bureau de travail, docteur Gertrude Tamba, médecin traitant au Centre hospitalier FEPSI, déplore la hausse du taux d’infection de la population de la ville de Butembo au VIH/SIDA. Celui-ci est passé de 3,8% en 2021 à 4,6% cette année 2022. À l’en croire, la tranche d’âge touchée varie entre 14 et 35 ans. 

« La maladie continue toujours à progresser parce que depuis le début de l’année 2022 nous avons une prévalence de 4,6 alors que l’année passée nous avions eu une prévalence de 3,7. C’est-à-dire que les pourcentages continuent  d’augmenter et nous pensons que c’est à cause de la guerre en territoire de Beni et l’exploitation des jeunes filles  dans les maisons de tolérance.» explique –t-elle.

Tout en soulignant que les recherches pour un traitement préventif contre cette maladie virale évoluent, Dr Gertrude  appelle la population à se faire dépister et à ne pas faire confiance aux charlatans qui prétendent détenir un remède contre le VIH/SIDA. Elle  conseille aux  jeunes de privilégier l’approche de la sexualité responsable. 

« Un charlatan qui ne connaît rien sur la maladie, non plus la sur la physiopathologie, nous sommes désolés quand une personne de ce genre peut prétendre avoir un remède contre le VIH/SIDA. Nous pouvons évoluer avec un patient pendant un temps, mais à un autre moment il est trompé par un charlatan ou par des églises qui promettent prier pour eux. Ils nous reviennent ici quand ils sont déjà au troisième voire quatrième stade où nous ne saurons plus le prendre en charge parce que le charlatan va interdire à la personne malade d’arrêter le traitement. Et quand le patient arrête le traitement, automatiquement il atteint un niveau élevé de la maladie du VIH/SIDA», se désole-t-il.    

Eu égard à cette montée à flèche du taux de contamination, Le centre Hospitalier Femme Engagée pour la Promotion de la Santé Intégrale (FEPSI) promet multiplier les mécanismes de prévention pour lutter tant soit peu contre cette maladie virale.

Elisha Kindy