Butembo : La mortalité de covid-19 interpelle. Il faut investir dans nos structures sanitaires. (Expert en économie de la santé publique)

Avec un taux  de létalité de 30%, l’épidémie du nouveau coronavirus nous met devant un fait accompli, à savoir l’insuffisance des équipements dans nos structures sanitaires. Benjamin Kaghoma Kombi, spécialiste en économie de la santé et enseignant à l’Université Catholique du Graben, invite les opérateurs économiques  à investir également  dans ce secteur   rentable sur plusieurs plans.

Les effets collatéraux de cette crise sanitaire mondiale sont aussi importants car  même les personnes qui allaient se faire soigner à l’extérieur pour leurs maladies chroniques sont en situation de vulnérabilité. Le confinement planétaire s’étant imposé, elles ne peuvent plus être régulièrement suivies par leurs médecins. Ainsi, il s’avère important de réfléchir sur l’investissement dans nos structures sanitaires souligne l’Assistant Benjamin Kaghoma Kombi, enseignant au sein de la faculté de santé publique à l’UCG : « Il faut envoyer nos enfants ailleurs pour des spécialisations dans les différents domaines de la santé. Ensuite, qu’ils reviennent avec des machines, et des spécialistes, même ceux en retraite, qui vont les encadrer pendant une période de 3 à 5 ans. Ainsi, nous pourrons faire face à des maladies pour lesquelles nous allons nous faire soigner à l’extérieur du pays. »

Ce serait la manière pour les entrepreneurs de diversifier les investissements du moment que le secteur de la santé  semble être  oublié par le gouvernement. Il préconise également  le partenariat public privé pour équiper les structures existantes car le personnel compétant est présent dans certaines d’entre elles.« Ça demande beaucoup d’argent bien sûr. On ne sait pas voir que les dirigeants des entreprises privées n’ont pas les moyens pour ça. Car ils investissent dans d’autres secteurs du commerce. Le secteur sanitaire c’est une économie qui n’est pas classique mais c’est une économie qui implique la gestion des moyens avec gain dedans. Si on investit dans la santé, il y a aussi un retour financier. »

Benjamin Kaghoma Kombi souligne que la santé prime sur tout. Ce serait, normalement,  un secteur d’investissement prioritaire aussi bien pour l’Etat que pour les privés.

Hervé Mukulu