Butembo :la société civile appelée à quitter l’ombrage que lui imposent les groupes de pression (Prof Muhesi)

La nouvelle équipe de la coordination de la société civile de la ville de Butembo aura pour premier défi de rapprocher davantage cette structure de la population. Ce que faisait déjà la coordination sortante avec l’initiative de faire fonctionner effectivement les noyaux communaux et installer un bureau de la société civile qui n’avait pas d’adresse il ya peu. La nouvelle coordination devra surtout se battre pour quitter l’ombrage des groupes de pression qui menacent son influence. Avis du professeur Augustin Kahindo Muhesi, enseignant de sciences politiques à l’Université Catholique du Graben.

La nouvelle équipe de la coordination urbaine de la société civile de Butembo issue des élections de ce mardi 06 juillet 2021 devra maintenir l’élan donné par la coordination qu’elle remplace. Celle ci a réussi à faire fonctionner un bureau de la coordination urbaine et les noyaux communaux, rapprochant la société civile des habitants estime le professeur Augustin Muhesi dans une interview au lendemain de l’élection d’un nouveau comité de coordination qui sera dirigé par le pasteur Mathe Saanane.

‘‘Consolider les acquis de l’équipe précédente  en essayant de maintenir l’élan que l’équipe sortante a pris. On sait qu’ils ont activé les noyaux communaux de la société civile de Butembo, ils ont fait fonctionner un bureau de la coordination urbaine et ont assis les composantes. Ce qui rapproche la société civile de la population’’ estime le professeur Muhesi.

Par ailleurs, la société civile devrait quitter l’ombrage que lui imposent les groupes de pression et mouvement citoyen apparemment mieux écoutés qu’elle, recommande le professeur Augustin qui est aussi doyen de la faculté des sciences politiques à l’Université catholique du Graben. Cette structure devra reconquérir son influence ainsi lui chipée insiste le politologue.

‘‘Il faut que la société civile se décloisonne effectivement. C’est-à-dire il faut qu’elle aille effectivement auprès de la population, et c’est à ce prix là qu’elle peut réellement recouvrer son influence. Lorsque je regarde la gouvernance urbaine, je constate que la coordination de la société civile aurait en tout cas perdu de son poids, à cause du fait qu’elle n’ait pas été en mesure de fédérer toutes les énergies, son influence ayant été fortement concurrencée par l’avènement des groupes de pression et mouvements citoyen, qui en fait dans certaines circonstance semblent effacer la coordination de la société civile’’ selon lui.

La société civile devra par ailleurs évaluer périodiquement l’Etat de siège estime le professeur Muhesi. Le chercheur recommande également à la nouvelle équipe de s’impliquer dans la sécurité en tissant des liens de partage d’alertes en cas d’insécurité avec les coordinations de la société civile des alentours de la ville car il est fréquent que les bandits viennent des périphéries pour opérer en ville. La nouvelle coordination devrait aussi être plus exigeante dans une région en proie à l’activisme des groupes armés et des violations constantes des droits de l’homme.

Emmanuel KATERI

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