Butembo : le Professeur Paul Vikanza plaide pour la reconstitution du Mont Lubwe, une réserve anéantie par les activités anthropiques

Plaidoyer pour la reconstitution de la réserve de Lubwe. Une démarche du Professeur Paul Vikanza, enseignant à l’Université Catholique du Graben et spécialiste des questions environnementales. Le mont Lubwe, c’est cette montagne sise au Sud-Est de la ville de Butembo à partir de laquelle, cette entité commerciale et des localités telles que Musienene et Luotu sont desservies en eau potable. Une réserve anéantie et les conséquences se font sentir auprès des riverains, révèle la recherche du Professeur Vikanza. 

Depuis 2007, le Professeur Paul Vikanza mène des recherches sur le mont Lubwe. L’objectif est d’établir l’état des lieux dans l’expérience de la reconstitution de la réserve du mont Lubwe. Jusqu’aux années 1985 avant sa destruction par un feu de brousse, le mont Lubwe était une réserve dans laquelle se déroulaient les rites coutumiers de la communauté Yira. En 2000, une initiative de la reconstitution d’un boisement de 250 hectares du mont Lubwe a été  menée par la communauté. « Au stade actuel, le contexte est établi, la réserve est quasiment anéantie. Cependant, des lueurs d’espoir pointent à l’horizon. Ce sont surtout les prédispositions d’esprit constatées chez les enquêtés. Unanimement, tous reconnaissent et confessent les dommages encourus avec la détérioration de la réserve qui s’est chèrement reconstruite. A côté des pertes de terres par érosion de surface, ce sont surtout les diminutions progressives des débits d’eau enregistrés aux points de captage depuis la destruction de la réserve qui inquiètent les usagers », déplore le Prof Vikanza.

Au regard de son apport pour la survie de la population de Butembo et les localités riveraines, le mont Lubwe est à préserver, plaide le Prof Vikanza.

« L’aménagement qui se veut durable de ce terroir peut bien reposer sur cet éveil collectif de la conscience sur la dégradation de l’environnement local. Cet aménagement devra alors se consolider par la participation effective de tous les acteurs concernés, en commençant par les chefs coutumiers qui sont les vrais détenteurs du pouvoir sur le domaine foncier », fait-il savoir.

Pour le chercheur, la reconstitution de la réserve du mont Lubwe n’est pas synonyme de son accaparement par qui que ce soit.  Il s’agit plutôt d’une gestion concertée pour le bien-être de tous fait-il savoir. Retenez qu’au stade actuel, le mont Lubwe est déjà morcelé en lopin de terre pour la culture des acacias en fin de produire le charbon de bois.

Georges Kisando Sokomeka

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