Butembo-Lecture : seuls les enfants issus des bonnes écoles fréquentent la bibliothèque du CLAC

Le Centre de Lecture et d’Animation Culturel CLAC Butembo possède des livres pour enfants. Néanmoins, l’intérêt de certains enfants envers la lecture est anéanti par le fait que leurs enseignants ne s’intéressent plus à la lecture. Seuls certains enfants issus de ce que Kambale Mulinzo Pascal, animateur au CLAC appelle les bonnes écoles, viennent lire au CLAC. Il nous a accordé un entretien à l’occasion de la journée dédiée au livre pour enfants célébrée chaque 2 Avril.

La plupart d’enfants ou jeunes lecteurs qui fréquentent la bibliothèque du CLAC adorent les livres illustrés précise Kambale Mulinzo Pascal qui est l’animateur. Car les images participent à leurs processus d’apprentissage.

« Au fur et à mesure que l’enfant contemple les images, il parvient à déchiffrer le message. Cela lui donne le goût de lire les petits textes qui accompagnent les images. », explique-t-il.

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Certains parents accompagnent leurs enfants ou qui envoient leurs enfants à venir ici au CLAC. Ils sont plus la plupart catholiques dont les enfants étudient à Kambali, à Malkia, Mahamba et Mukuna mais aucun parent d’élèves de cette vallée des écoles de Kavaghendi. Cette vallée est nulle pour la lecture, déplore Mulinzo Pascal

Par contre Kambale Mulinzo Pascal a constaté que seuls les enfants issues des bonnes écoles sont réguliers. Pour ceux qui ne lisent pas, la faute revient à leurs enseignants avec des graves conséquences sur leur avenir.

« Tout émane de leurs professeurs de français. Ils ne s’y intéressent jamais. Pas ‘‘pas’’ mais jamais. C’est dans cette vallée que nous avons environs  17 écoles. Nous avons en peine 6 élèves de l’Institut de Butembo et 4 de Kavaghendi. », explique-t-il

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Ce qui fait qu’il y a des grands élèves qui échouent même à compléter les souches aux examens d’Etat ; n’étant pas à mesure de proprement écrire même leurs noms. Et ils ne sauraient écrire une demande d’emploi, déplore-t-il avec amertume en voyant les livres chaumer dans une vallée des écoles qui n’ont pourtant pas de bibliothèque. 

Pour beaucoup l’intérêt à la lecture commence dès le jeune âge comme le témoigne cet élève du collège qui a préféré passer son temps à lire quand il est chassé de l’école : « Je viens ici régulièrement après les cours. J’aime lire des livres illustrés. J’aime lire depuis 2017 quand j’étais encore en quatrième primaire ».

Kambale Mulinzo Pascal rappelle que lire fait grandir. Si on ne lit pas on ne grandit pas. C’est pourquoi les parents doivent initier leurs enfants à la lecture dès le bas âge.

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HERVE MUKULU

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