Butembo : les actions contre la MONUSCO pénalisent les écoles mais pourraient être une autre forme d’éducation civique pour enfants (Parent)

Le président du comité des parents d’élèves des écoles du réseau protestant de Butembo tout en s’inquiétant de l’éducation des enfants pendant cette période de grève affirme soutenir l’action des groupes de pression et associations qui appelle à des journées sans activité dans l’espace Butembo Beni et Lubero. Christian Sikivahwa estime d’ailleurs que cette lutte pour la paix est une autre forme d’éduction à l’autoprise en charge.

En cette période où les écoles ne fonctionnent pas à cause de la grève visant le rétablissement de la paix et le départ de la Monusco, l’éducation des enfants inquiètele président du comité des parents des écoles protestantes. Mais au regard de la gravité de la situation à Beni, cette paralysie des activités est le prix à payer pour espérer faire attendre les voix des victimes, parmi elles des élèves, des enseignants et des parents d’élèves sauvagement tués estime Christian Sikivahya.

‘‘ A Beni on tue parents, enfants et enseignants. Et cela depuis 7 ans. Dans ce contexte, il est difficile de demander à un enfant dont le parent a été tué d’aller aux cours. C’est aussi une solidarité envers toutes ces victimes. On regrette que les enfants perdent autant des jours, mais on doit aussi demander des bonnes conditions d’études pour les habitants de la région. Ce n’est pas normal qu’on reste silencieux pendant qu’on tue’’ soutien Christian Sikivahya.

Il est vrai que cette grève tue l’éducation classique des enfants mais ce qui est positif est qu’elle leur apprend aussi la leçon de l’auto prise en charge et de la défense de leurs droits lésés depuis 7 ans juge Christian Sikivahwa.

‘‘ L’éducation ne consiste pas seulement à laisser ces enfants entre les quatre murs de la classe. En restant à la maison pour demander la paix, pour exiger le respect du droit à la vie de ceux qui sont tués à Beni, c’est aussi une autre forme d’éducation à l’auto prise en charge. Ces enfants réfléchiront sur d’où on vient et où on va.’’

D’autre part, Christian Sikivahwa note que le revers de la médaille c’est le risque pour les enfants devenus oisifs de tomber dans l’alcoolisme, la prise des drogues et d’autres antivaleurs.

Le président du comité des parents d’élèves des écoles du réseau protestant de Butembo recommande aux gouvernants de se pencher sur la question sécuritaire de Beni car selon lui, leur crédibilité en dépend. 

Emmanuel Kateri

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