Butembo : pour le SYECO, les chiffres avancés par le Chef de l’Etat ne sont pas vérifiables dans le secteur de l’EPST

Les propos du président de la République sur les conditions de vie des enseignants congolais sont contraires à la réalité sur le terrain. C’est la réaction de Iréné Mutumwa, secrétaire permanent du Syndicat des Enseignants du Congo, SYECO, en ville de Butembo au discours du Chef de l’Etat samedi dernier sur l’état de la nation.

Devant les deux chambres du parlement réunies en congrès, le Président de la République Félix Tshisekedi a vanté les performances réalisées dans le secteur de l’éducation depuis son accession au pouvoir en janvier 2019, notamment sa politique de la gratuité de l’éducation de base qui, selon lui, coûte au pays bien plus d’un milliard de dollars par an. Ceci a concrètement permis la prise en charge de 226 000 220 enseignants nouvelles unités aussi bien du niveau maternelle, primaire et secondaire, sans oublier le personnel administratif soit un accroissement des effectifs payés de 65%.

A ce stade, la SYECO est d’accord avec les chiffres avancés par le président de la République.

« Les effectifs qu’il a évoqué sont quand même vérifiables en ce qui est de l’augmentation des enseignants payés, l’augmentation des effectifs dans les écoles ainsi que les nouvelles unités dont les dossiers sont en cours de traitement. Ce qu’il dit à ce sujet est vrai », reconnait-il.

Cependant, en ce qui concerne l’augmentation de l’enveloppe salariale de rémunération d’un enseignant qui, selon le Chef de l’Etat, est passée de 159 milles 662, 67 francs congolais à 367 milles 023 francs  congolais soit une augmentation soit une augmentation de 100%, Iréné Mutumwa qualifie ce discours de très contraire à la réalité.

« C’est là où je dis que son discours a été plus formaliste que réaliste parce qu’effectivement tous les textes qui ont signé entre le banc gouvernemental et le banc syndical, la base salariale se lèverait à plus ou moins 366 milles francs, ce n’est pas tellement écarté  de ce qu’il a dit c’est-à-dire 367 francs. Malheureusement cela n’est pas vérifiable concrètement, donc il y a un écart alarmant entre ce qui est couché dans les textes et ce qui est en train d’être fait »,       

Par ailleurs, la SYECO Butembo constate que sur les 70 000 francs de  la prime de brousse promise aux enseignants des territoires et villes qui ne sont pas chef-lieu des provinces, le gouvernement n’a payé que 20 000 francs congolais contrairement à ce qui a été dit dans le discours le Président de la République.  Révolté, Iréné Mutumwa envisage de conditionner la reprise des activités scolaires par le respect de tous les textes après les vacances de Noel en janvier 2023.

Jackson SIVULYAMWENGE