Butembo: première journée sans taxi, un casse-tête pour les usagers

Première journée sans taxi-moto ce lundi 19 décembre à Butembo, les conducteurs de taxi-moto ont obéi à l’appel du  Réseau des Taximan au Congo (RETAC) décrétant deux journées sans taxi à partir de ce lundi  19 décembre sur l’ensemble des villes de Butembo et Beni et des territoires de Beni et Lubero pour dénoncer l’insécurité, la tracasserie sur les routes et la hausse du prix du carburant. Alors que le RETAC est satisfait de cette première journée, les habitants, eux, en payent le prix. 

Crédit photo @Georges Kisando Sokomeka

 

Chance Mwanamolo est habitué à faire ses courses sur un taxi-moto de Nduko, en localité de Musimba,  jusqu’au centre-ville de Butembo. Mais cela n’a pas été possible aujourd’hui à cause de la paralysie du secteur de transport en ville.

« Je fais les pieds jusqu’ici, non seulement je suis arrivé en retard mais je suis aussi énormément fatigué. Comme je dois faire la même chose au retour, je serais obligé de laisser mon colis contenant des vivres jusqu’à la levée de la grève des motards », déplore-t-il.

Abandonner son colis au dépôt de vivres, c’est aussi ce qu’a fait cette dame enceinte que nous avons trouvé sur avenue Bukavu. Fatiguée, elle vient de faire appel à son mari pour récupérer le colis. « J’habite à l’ITAV, je serais déjà arrivée si j’avais trouvé un taxi mais là je viens de faire appel à mon mari pour qu’il vienne récupérer le colis », regrette la dame panier à la main avec des légumes à l’intérieur.

Plus près, une autre dame venue de Katsya, après s’être ravitaillée en vivres, commence à penser au retour.

« J’habite Katsya, je suis venue à pied parce que j’ai manqué le taxi, maintenant je suis en train d’imaginer comment y retourner. Mais bon, je pense que les grévistes ont raison au regard de la hausse du prix du carburant, il est possible qu’ils ne soient pas en train de se retrouver avec ce prix de 5 000 francs le litre », se console-t-elle. 

Satisfait de cette première journée, le porte-parole du RETAC, Jérôme Malule explique qu’en dehors de l’insécurité et les tracasseries sur les routes de desserte agricole, il est aussi question de dénoncer la hausse du prix de carburant. « Nous avons aussi déploré la hausse du carburant, nous voulons joindre notre voix à celle des autres-là qui ne sont pas écoutés. Il est anormal de constater que jusque-là le gouvernement ne dit rien par rapport à la hausse du carburant, ce sont des menaces que nous sommes en train de subir et qui font que le taxi ne soit plus rentable à cause de cette situation », explique-t’il.

Le Réseau des taximan au Congo (RETAC) promet d’évaluer son action mercredi prochain avant passer à d’autres. Le but est de pousser les autorités à se pencher sur cette situation avant que la catastrophe ne se produise.

Jackson SIVULYAMWENGE