Butembo : un hôpital cohabite avec un camp militaire, les patients en détresse

La situation sécuritaire précaire   qui prévaut dans la partie Nord de Butembo affecte le fonctionnement des structures de santé. La structure la plus vulnérable est le Centre Hospitalier de l’Unité sis au sommet de la colline de Mihake. C’est sur ce même site qu’est érigée la position militaire des FARDC, cible récurrente des attaques des présumés miliciens mai-mai. 

Au Centre Hospitalier de l’Unité, les militaires sont visibles partout. Suite au renforcement des effectifs jour après jour, le site initialement occupé pour servir de camp ne suffit plus. Des maisonnettes en bâches construites à la va-vite par les militaires ont débordé jusque dans la concession de l’hôpital. Conséquence, certains hommes en uniforme utilisent des installations sanitaires de cette structure de soin pour leurs besoins fondamentaux, comme l’indique ici une infirmière au sein de cette structure qui s’est exprimée sous le sceau de l’anonymat.

« Depuis qu’ils sont venus jusqu’ici dans notre concession, ils font la lessive ici à la porte d’entrée, avec l’eau de l’hôpital arme à la main. Ils se lavent dans nos douches ici. Et lorsqu’un garde malade veut se doucher, parfois il rencontre un militaire qui s’y baigne, porte grandement ouverte, arme au dos », indique-t-il

Des malades sont parfois brutalisés, témoigne ce vieil homme interné au Centre Hospitalier de l’Unité malgré lui.

« Des militaires étaient en train de faire des va-et-vient. J’étais assis ici. Ils m’ont appelé vers eux car le suspectant d’être un agent de sécurité envoyé par leurs ennemis. Je leur ai dit que je suis un patient et comme preuve j’ai exhibé  la sonde placée sur moi. C’est ainsi qu’ils m’ont relâché. Les malades qui ont été déchargés de cet hôpital précocement avaient raison », explique-t-il.

Retenez que  la récurrence des attaques armées et le retentissement des coups de balle sont à la base du dysfonctionnement  dans différents secteurs dans la partie Nord de la ville. Des écoles de cette contrée ont déjà perdu plus de deux semaines de cours depuis le début de l’année scolaire.

Des commerces sont également en train d’être délocalisés également. Certains enfants ont dû abandonner suite au déplacement des propriétaires vers des milieux relativement sécurisés. Le maire de Butembo, dans ses différentes sorties médiatiques, a toujours justifié la présence militaire dans ce coin de la ville par le souci de faire face à l’activisme des groupes armés.

Rédaction