Carnage à Goma : les interpellations ne servent à rien, un procès en flagrance contre les auteurs est mieux (Edagad Mateso)

Organiser un procès en flagrance pour tous les auteurs des tueries des civils le 30 aout en ville de Goma serait l’option à privilégier que d’interpeller d’autres  hors de Goma. Il y a à craindre une stratégie visant à épargner ces derniers de la clameur populaire et les laisser au final  libre. C’est ce que  pense Edgard Katembo Mateso analyste philosophe et ancien premier vice -président de la société civile du Nord-Kivu.   

Environ une semaine après la répression sanglante d’une manifestation populaire en ville de Goma le 30 Août dernier, par les forces de défense et de sécurité, une commission interministérielle instituée par le chef de l’Etat a été dépêchée  en ville de Goma pour s’enquérir de la situation. A l’issue des enquêtes, des officiers de l’armée et de la police ont été arrêtés et d’autres suspendus de leurs fonctions. Le  gouverneur militaire du Nord-Kivu Constant Ndima a été interpellé à Kinshasa, et une vingtaine des militaires arrêtés par l’auditorat militaire de Goma. Pour Edagard Katembo Mateso cette procédure parait moins crédible car selon lui :

« Il faudrait que le procès soit organisé immédiatement en ville de Goma où les faits s’est sont produits. Ici, il faut préciser que leurs condamnations ne devraient pas tarder une fois les vrais auteurs identifiés, par ce que là ils nous parlent encore de la présomption d’innocence pour les accusés. Mais à l’allure où vont les choses, on risque d’aller les garder à Kinshasa pour qu’ils réapparaissent une fois la tension s’apaise dans le chef de la population », craint-il.

En dépit des enquêtes officielles menées par les autorités faisant Etat de 48 civils tués, la société civile et les organisations de défense des droits humains ne cessent de contester ce bilan et présentent un autre supérieur à celui officiel avec plus d’une centaine des morts.

Elisha Kindy