Ebola-Justice : Procès Mouzoko, les avocats des docteurs Sangala et Luendo malmènent le ministère public suite aux irrégularités dans les renvoies

La cour militaire opérationnelle a clôturé ce lundi premier mars, l’instruction de la première prévention d’association des malfaiteurs dans le procès de l’assassinat du docteur Camerounais Richard Mouzoko qui œuvrait dans la riposte contre Ebola pour le compte de l’OMS. Cette partie a été clôturée par les commentaires des avocats conseils de 8 prévenus présents à la barre. Ils ont relevé plusieurs irrégularités dans les renvois de deux préventions.

L’acte de renvoi portant sur le grief d’association des malfaiteurs a été déclaré floue par les avocats conseils des docteurs Sangala et Luendo. Car la réunion sur laquelle se base le ministère Public n’était qu’une réunion ordinaire de la riposte. Ces avocats ont relevé 6 versions différentes dans les propos du docteur Kasereka en rapport avec la tenue et le contenu de cette réunion. Les premières versions du docteur Kasereka qui soulignaient que la question de chasser de la riposte les médecins non originaires de la riposte avait été débattue et adoptée dans une réunion des médecins est la pièce maîtresse de l’auditeur pour charger les docteurs Sangala et Luendo.

Pourtant dans sa dernière version des faits, répétée plusieurs fois ce lundi 1 premier mars, docteur Kasereka insiste que l’idée de chasser les expatriés et non originaires n’avait été émise qu’en marge de la réunion ordinaire par Docteur Mundama et n’avait pas été débattue en réunion. Lors de la deuxième réunion de Katwa, au cours de laquelle réunion Mundama Witende aurait donné 700 dollars aux exécutants à travers Karasaba.

A cette réunion, non plus, les docteurs Luendo et Sangala ne sont cités nulle part. Surtout la formulation de la décision de renvoi pour la première prévention ne mentionne nulle part une deuxième réunion tenue en janvier 2019. Seulement celle de décembre 2020.

La cour a levé la séance  avant l’instruction de la deuxième prévention de terrorisme, pour permettre au ministère public de retravailler la décision de renvoi par rapport aux infractions liées à cette deuxième prévention.

Les avocats conseils ont fustigé le fait que les faits cités pour la prévention d’association des malfaiteurs sont les mêmes que ceux du terrorisme. Alors que la loi précise  que si les faits sont les mêmes, on doit laisser tomber une prévention. Celle d’association des malfaiteurs ayant été instruites, les avocats conseil demandent à la cour de laisser tomber la prévention de terrorisme. En plus, le ministère public devrait avoir déjà précisé les faits commis par chacun des prévenus à propos de l’assassinat, les couts et blessures, les vols des biens privés et ceux des Cliniques Universitaires du Graben, infractions dans lesquelles les médecins présents à la barre ne retrouvent nullement leurs noms cités.

La cour a décidé que la décision de renvoi additionnel sera donnée par le ministère public ce mardi 2 mars à 12 heures pour la suite du procès.

HERVE MUKULU 

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