Etat de siège : controverse autour des autorisations sélectives des manifestations publiques

Le meeting public du président du parti politique Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhe, lundi 12 septembre à Goma après celui de Muhindo Nzangi, ministre de l’enseignement supérieur et universitaire à Butembo le 1er septembre dans un contexte de l’état de siège suscite différentes interprétations. Si pour les cadres proches de ces acteurs, rien ne pouvait empêcher la tenue de ces  meeting alors que pour un militant de la LUCHA la mesure est sélective.

Certains salons politiques ont tenté d’empêcher la tenue du meeting   de Vital Kamerhe en brandissant l’état de siège comme prétexte, a expliqué Me Jimmy Peruzzi, cadre de l’UNC.

« Kamerhe est l’un des fils de l’Est de la RDC. Il y a un devoir absolu que nous puissions l’accueillir. Vital Kamerhe est un homme de paix, ça serait tout afin irréfléchi d’opposer à la paix des interdictions ou des messages de haine », explique-t-il.

Le maire de Goma a fait le revirement, le meeting de Vital Kamerha a été tenu au stade Afia de Goma. Cette activité politique est intervenue moins de deux semaines après celle de Muhindo Nzangi, ministre de l’ESU à Butembo au rond-point VGH. Pour Ferlin Kyamihimbi, cadre de l’AVRP, parti cher à Nzangi, ce dernier était en mission officielle.

« Ce qui est étonnant c’est qu’au même moment, lorsqu’il y a des activités de ce genre ou de même de moindre ampleur qui sont menées par des personnes qui ne sont pas de l’audience du pouvoir en place, elles sont réprimées », fustige-t-il.

Stewart Muhindo de la LUCHA déplore l’autorisation sélective des autorisations de manifestation publique pendant la période en cours de l’état de siège.

« Muhindo Nzangi c’est un ministre, il est venu en mission gouvernementale. Comme à Butembo il n’y a pas de salle qui puisse réunir toute la population, il a tenu le meeting dans une place publique », explique-t-il.

Pour rappel, 12 militants de la LUCHA, section Beni, ont recouvré leur liberté, le   13 août 2022 après exactement 10 mois de détention pour avoir organisé une manifestation publique en période de l’état de siège. Un autre croupit encore en prison à Goma pour le même motif.

Georges Kisando Sokomeka