Femme et science : « Les femmes scientifiques doivent servir de modèle aux plus jeunes pour un changement de mentalité » (Deborah Waluvera, Master en forêt)

Deborah Waluvera Kahindo est Master en gestion de la biodiversité et aménagement durables des forêts à l’Université de Kisangani dans le programme international de l’organisation CIFOR. C’est après son diplôme d’ingénieur en chimie et industries agricoles obtenu l’Université Catholique du Graben. Ici, elle œuvre comme assistante dans la faculté des Sciences agronomiques.  C’est la femme à découvrir en chronique Self Made Women à l’occasion  du mois de la femme.

Deborah Waluvera est tombée amoureuse des sciences dès le cycle d’orientation du secondaire en voyant une dame dispenser les mathématiques. Une filière qu’elle pensait réservée aux hommes.

« C’est une motivation que j’ai eu d’une de mes enseignantes. Elle me donnait le cours des mathématiques en deuxième année. Pour moi c’était extraordinaire de voir une femme qui pouvait enseigner ce cours », explique.

Sage et intelligente, elle a obtenu son diplôme d’ingénieur avec brio et a, de ce fait,   décroché une bourse pour un master en gestion de la biodiversité. Elle plaide pour la gestion rationnelle des forêts.

« Nous devons absolument protéger la forêt parce que tout ce qu’elle nous rend comme service nous ne pouvons les lui rendre. Les populations riveraines doivent être encadrées. Il faut diversifier leurs sources de revenus à par le prélèvement des produits forestiers », explique-t-elle.

Revenue des études, elle est enseignante à l’UCG. Est-ce facile pour une femme de dispenser un cours ? Elle répond.

« Tout dépend de l’attitude que vous présentez devant les étudiants. Ils savent évaluer leurs enseignants. Ils reconnaissent quand un enseignant maitrise ou pas sa matière. Au début, ils peuvent avoir un peu de réticence mais quand ils constatent que vous maitrisez et que vous êtes en train de les tirer de l’ignorance, ils prennent le temps de vous écouter avec passion. », rassure-t-elle.

Pour elle, face aux stéréotypes sociétaux qui relèguent la femme dans la seule casquette d’épouse, elle plaide pour que les femmes scientifiques et celles qui se distinguent dans d’autres domaines puissent servir de modèle aux jeunes filles. Car avoir des bons modèles est la meilleure manière de changer les mentalités.

Hervé Mukulu

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