Guerre Russo-ukrainienne, quelle conséquence pour l’Afrique ? Le géostratège Nissé Mughendi explique

Le professeur Nissé Mughendi,  ne met pas en évidence une guerre mondiale vue l’équilibre des forces entre les Etats-Unis et la Russie. Plutôt, les grandes conséquences seraient économiques pense l’enseignant de géopolitique et de géostratégie à l’Université Catholique du Graben, UCG Butembo au Nord-Kivu et dans d’autres universités de la République Démocratique du Congo.  

Quelles seraient les conséquences de la guerre Russo-ukrainienne sur l’Afrique ?

Le contexte de la deuxième mondiale n’est plus valide car aucune force ne peut entraîner facilement les Etats africains dans un camp ou dans un autre. En plus, pense le Professeur Nissé Mughendi, la puissance nucléaire de la Russie est dissuasive.

« La Russie et les États-Unis restent les plus grandes puissances nucléaires. Ce sont  des hyperpuissances. La Russie détient d’ailleurs plus de têtes nucléaires que les Etats unis. 6 mille contre environ 5 mille. Et les armes les plus lourdes sont détenues par la Russie  alors que les américains ont privilégié les armes stratégiques, à portée moyenne qui peuvent être utilisées au front. Car ils savaient que les armes détenues par la Russie pouvaient être rendues obsolètes par les accords. », explique-t il.

Et heureusement que le président américain, Joe Biden, est tempéré. Il a signifié tout de suite que les Etats Unis n’engageront pas leurs troupes dans la guerre mais pourvoiront un appui à l’Ukraine. Ce qui ne serait pas le cas avec Trump ou Bush par exemple.  Les vraies  conséquences sur l’Afrique pourraient être économiques. Car la Russie perse en Afrique.

« La guerre n’est pas que militaire, sur le plan économique l’Afrique peut subir les contrecoups de cette guerre. Il y a des sanctions qui sont en train d’être prises contre la Russie. Les africains sont des partenaires traditionnels des occidentaux mais la Russie était en train de faire une entrée progressive en Afrique. Elle est en train de nouer des partenariats. Les sanctions adressées à la Russie mettent en mal toute transaction internationale avec la Russie via le système de transaction bancaire Swift. Ainsi quiconque continuerait de commercer avec la Russie serait dans les viseurs des américains, des occidentaux », renchérit le directeur du Bureau Centre pour la Paix et la sécurité, BCPS.

Au 6e jour de l’évasion russe en Ukraine, Kiev résiste malgré la disproportion des forces. Les négociations patinent. Et l’Ukraine attend encore l’aide de ses partenaires de l’OTAN qui l’ont presque poussé à la guerre et semblent l’abandonner à elle-même. Cette attitude est qualifiée par le Professeur Mughendi d’une hypocrisie voire une trahison.

Hervé Mukulu