Insécurité-Beni : les réserves de la société civile et l’inquiétude d’un politologue à propos de l’éventuelle instauration de l’Etat d’urgence

L’annonce d’une possible instauration dans les entités insécurisées de l’Est du pays d’un Etat d’urgence est une réponse aux demandes depuis longtemps formulées par la société civile du Nord Kivu. Elle demande des mesures particulières pour les entités insécurisées de l’Est du pays. Réaction de Edgard Mateso le vice-président de cette structure.Cet Etat d’urgence sécuritaire est une bonne nouvelle, mais il convient de rester prudent insiste-t-il. Interrogé sur le même sujet, le professeur Muhindo Mughanda, émet des réserves notamment en ce qui est de l’infiltration de l’armée car l’administration des entités concernées devraient être cédées aux militaires.

La société civile du Nord Kivu se réjouit que la question de l’insécurité à l’Est attire encore davantage les gouvernants. Annoncer un éventuel Etat d’urgence pour les entités insécurisées relève de plus d’attention sur cette problématique indique Edgard Mateso de la société civile du Nord Kivu. Il convient cependant de rester prudent pour que cette administration militaire annoncée n’entraine pas des conséquences, la balkanisation du pays notamment. Il en appelle à la vigilance des députés et de la population.

‘‘ Du moment où ça commence à intéresser les politiques, c’est une bonne chose. C’est même cela qu’on demande toujours en tant que société civile. Cela exige cependant que non seulement la société civile, tout citoyen congolais demeure vigilant. Cela demande également une certaine implication des élus du peuple. Pour nous, ça ne va pas sans conséquence. Il y a des nombreuses suspicions sur un projet de balkanisation. Quand il y a une administration militaire, le terrain pourrait être favorable à une initiative comme celle-là. Je rappelle aussi que nous n’avons pas participer aux dernières élections présidentielles. Il ne faut pas qu’on nous dise que comme il y a Etat d’Urgence sur une partie du territoire, il n’y aura pas d’élection.’’

Le professeur Mughanda ne cache pas pour sa part ses inquiétudes. L’armée étant infiltrée, le politologue formule une série d’interrogation.

‘‘ Est-ce qu’on aura oublié que l’armée est infiltrée, on risquera de faire administrer ce coin par des infiltrés ? Est-ce qu’on aura oublié qu’il y a dans notre armée des militaires d’origine étrangère non encore rapatriés ? on risque de mettre dans nos villes des militaires étrangers aux agendas peu connus. On oublie les traces du brassage et du mixage ? on risque de mettre à la tête des entités des militaires dévoués à la cause de leurs ethnies et attachés à leurs chefs de la rébellion qu’à la cause nationale. Les problèmes de détournement des soldes…’’

Le professeur Mughanda pense qu’un travail de fond doit être fait surtout du côté de l’armée, en y extirpant des infiltrés ou encore en éloignant des militaires issus du mixage. Si ces préalables ne sont pas remplis, il y aura toujours lieu de s’inquiéter estime Muhindo Mughanda.

La rédaction 

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