La résurgence du M23 : « Une preuve de la théorie de la criminalisation de l’Etat. » (CT Kizito Gaucher, Enseignant en Sciences politique, UCG)

La résurgence du M23 telle que dénoncée par la société civile du Nord Kivu pourrait répondre à la définition de ce que les théoriciens appellent la criminalisation de l’Etat. C’est l’un des éléments d’analyse du doctorant Mbusa Kizito Gaucher, enseignant de science politique à l’Université Catholique du Graben UCG. C’est après que l’armée congolaise se soit apposée à un groupe rebelle non encore clairement identifié, assimilé au M23.

Le Chef de Travaux Mbusa Kizito Gaucher, analysant la résurgence supposée du M23, mentionne que même à 2012, à la naissance de ce mouvement rebelle vaincu à 2013, il y a encore eu des doutes autour de son identité.

« Au début quand le M23commencait, les positions officielles étaient toujours confuses par rapport à l’identification de ce mouvement. C’est peu après que les officiels de Kinshasa s’était rendu qu’il y avait une défection réelle au sein du CNDP »

Mbusa Kizito mentionne que la résurgence du M23 s’il en est ainsi, peut être justifié par la mauvaise gestion de leur cahier de charges. Mais ajoute-t-il, la RDC négocie avec les rebelles au lieu d’user de son monopole de violence, ce qui est un indicateur de faiblesse de l’Etat.

« Une mauvaise gestion des cahiers de charge, c’est la résultante de la faiblesse de notre Etat qui ne sait imposer son monopole de violence sur l’ensemble du pays. Ce qui fait que l’Etat étant faible, il est obligé de négocier avec ces différents groupes armées pour pouvoir trouver un terrain d’attente. »

Le Chef de Travaux Mbusa Kizito Gaucher indique encore que certains acteurs politiques dont les intérêts sont en ballotage dans le contexte politique actuel pourraient etre à la base de cette initiative.

Mbusa Kizito Gaucher demande au gouvernement d’étouffer dans l’œuf cette rébellion pour dissuader les autres initiatives du genre.

Emmanuel Kateri & Hervé Mukulu

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE