Massacres de Beni : Les faits ne sont pas encore constitutifs de crime de génocide (CT Richard Ndekeninge)

Le Bureau  Conjoint des Nations Unies  aux Droits de l’Homme qualifie les atrocités qui se déroulent dans la région de Beni de crime de guerre et crime contre l’humanité. C’est dans le récent rapport  sur les atteintes et violations des droits de l’homme et du Droit international humanitaire par des combattants de ADF  et des membres des forces de défense et de sécurité dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, Irumu et Mambasa datant du 1e janvier 2019 et le 31 janvier 2020. Pour comprendre cette qualification, nous avons rencontré le chef de Travaux Richard Ndekeninge, de la Faculté des Droits à L’Université Catholique  du Graben, UCG Butembo.

Cet enseignant du cours des  Droits humains en Faculté de Droit à l’UCG souligne qu’il n’y a rien de nouveauté dans cette qualification. Elle est la même depuis près de cinq ans. Ce qui a entrainé d’ailleurs la tenue des procès en flagrance en ville de Beni par la cour militaire. Procès toujours encours même si bien d’auteurs ont déjà été condamnées. Néanmoins, la volonté populaire de voir les faits qualifiés de crime de génocide n’est pas juridiquement corroboré par les preuves sur terrain précise-t-il.

« Aujourd’hui, on ne peut pas trop se précipiter à déclarer qu’il y a des faits constitutifs d’un génocide à Beni. Il y a des faits de violation de Droit International Humanitaire constitutifs de crime de guerre et de crime contre l’humanité. Le génocide a des éléments constitutifs extrêmement exigeant. De mon point de vue, ils ne sont pas encore établis pour le cas de Beni », fait savoir l’expert.

Quant au désir de voir la justice internationale, notamment la cour pénale internationale, se saisir de la question de Beni, le Maitre en Droits Humains souligne qu’une brèche semble être ouverte  pour orienter le débat dans cette direction même si seule la justice,  militaire soit-elle, ne peut résoudre la question de Beni

« On ne peut s’entendre à ce que le simple fait de la justice militaire, à elle celle, puisse mettre fin aux massacres à Beni. On peut évaluer de l’efficacité de cette justice. Est-ce qu’elle joue son rôle de dissuasion ? Parce qu’il ya des personnes qui tombent une seconde fois dans les mains de cette justice après avoir été jugé et condamné mais on ne sait comment elle s’évade pour revenir commettre les mêmes atrocités. »

Rappelons que c’est depuis plus de cinq ans que les rebelles appartenant à l’ADF massacrent les paisibles paysans dans le territoire de Beni. L’armée a lancé les dernières offensives contre les rebelles depuis huit mois environs et les dites opérations sont encore en cours.

Hervé Mukulu

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