Nord-Kivu : difficile survie des chauffeurs depuis la suspension de l’axe Butembo-Kirumba

Il devient difficile pour les chauffeurs œuvrant sur l’axe Butembo-Kirumba et leurs manutentionnaires de joindre les deux bouts du mois. Ceci, depuis la suspension du trafic sur cette route suite à l’avancée des rebelles du M23 qui occupent depuis dimanche dernier les agglomérations de Kirumba, Mighobwe, et Kaseghe au sud du territoire de Lubero. Depuis, seuls quelques conducteurs de taxi-moto s’engagent sur cette route devenue un champ de bataille entre le M23 et les FARDC.

Au parking La Réunification de Njiapanda, quelques taximen-moto sont arrivés ce jeudi 4 juillet en provenance de Kirumba. Parmi eux, ce jeune motard qui, pour atteindre Butembo, a dû faire un détour par Mbingi.

« Nous rendons grâce à Dieu parce que nous venons d’arriver, mais le M23 occupe la route de Kirumba jusqu’à Kaseghe. Pour nous, avant d’arriver à Kaseghe, nous avons pris la route menant à Mbingi pour sortir par Alembongo. Franchement, la consommation de carburant pour ce détour est trop élevée. En sortant par Alembongo, nous y avons trouvé les FARDC, elles ne nous ont pas tracassés », raconte-t-il.

 

Deux-cent mille francs congolais, soit 70 dollars, c’est désormais le prix de la course Kirumba-Butembo pour deux personnes à moto, soit 35 dollars par personne.

De leur côté, les chauffeurs de voiture-taxi, très déçus, n’osent plus effectuer le déplacement. Désormais forcés au chômage, ils ne savent plus à quel saint se vouer.

« Cela fait maintenant 7 jours que je n’ai plus voyagé vers Kirumba, pas de recettes depuis tout ce temps. Ma voiture est là comme vous pouvez le voir, nous sommes venus tenter de trouver quelques passagers qui veulent se rendre à Lubero-Centre ou à Kipese, mais eux aussi ne sont pas là. Que le gouvernement nous aide à trouver rapidement une solution, sinon mes enfants risquent de mourir de faim », crie-t-il.

 

« Nous n’avons plus de moyen de survie à cause de cette situation. Nous n’avons plus de travail, même en venant ici aujourd’hui, c’est dans la tentative de voir si nous pouvons trouver certains passagers que nous pouvons déposer au niveau de la zone que les FARDC contrôlent, et eux peuvent prendre la moto jusqu’à Kirumba », ajoute son camarade.

Au bord des larmes, Kangitsi Justin, manutentionnaire à l’Agence COTRAME, n’a plus de travail. Il n’avait que son métier de manutentionnaire.

« C’est mon seul travail, c’est avec lui que je nourris ma famille, mais aujourd’hui ils commencent à dormir le ventre creux à cause de la suspension du trafic par le gouvernement à partir de Kitsombiro », s’est-il plaint.

De l’autre côté, les populations se trouvant dans les agglomérations récemment occupées par le M23 peuvent désormais se déplacer de Kirumba jusqu’à Goma en passant par Kiwanja. Ils peuvent également se rendre à Vitsumbi et Kibirizi, dans le territoire de Rutshuru, rapporte une source locale.

Jackson SIVULYAMWENGE

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