Nord-Kivu : faute d’assistance étatique et d’aide humanitaire, les déplacés de guerre vivent de la charité à Butembo

Les déplacés de guerre se trouvant à Butembo vivent de la charité des personnes de bonne volonté. Pour avoir de quoi mettre sous la dent, des équipes sont déployées dans différents quartiers de Butembo avec un ordre de mission leur accordée par l’organisation ISPRON, Intégration Sociale pour la Promotion des Nécessiteux, l’une des structures qui encadrent les déplacés de guerre à Butembo.

Crédit photo @Georges Kisando Sokomek

Katembo Jérémie, la cinquantaine révolue, est à Butembo depuis trois ans. Suite aux tueries incessantes il a tout laissé derrière lui en localité d’Eringeti, à la limite entre les provinces du Nord-Kivu et l’Ituri. Cet agriculteur n’a pas su se trouver un travail en dépit des trois ans qu’il vient de passer à Butembo. Sans famille d’accueil, Katembo Jérémie a trouvé une maison à location pour sa famille de huit enfants à l’extrémité Est de Butembo. Il a de la peine à payer le loyer et répondre aux besoins prioritaires de ses dépendants.

« Je suis locataire. Je n’ai pas d’argent pour payer le loyer. Chaque fois avant la fin du mois j’ai la trouille. Même un rat qui passe me fait sursauter en croyant que c’est le bailleur qui vient réclamer son argent. A la fin du mois il se pointe chaque fois chez moi pour me dire qu’il n’a pas construit sa maison pour héberger les déplacés de guerre, plutôt pour en tirer profit. Je lui paye 15 dollars le mois. Je quémande de l’aide et peut être qu’à la fin de journée je me retrouve avec trois milles francs congolais desquels je garde 1000 FC pour le loyer. A la fin du mois j’apporte le peu que j’ai trouvé. Je ne suis pas en mesure de payer le loyer pour une année dans ces conditions de déplacé de guerre » témoigne-t-il.

Ils sont nombreux, ces déplacés de guerre qui vivent de la charité en ville de Butembo. Katembo Jérémie et son co-équipier Moise Kambale font le tour des avenues de Butembo pour un montant d’une moyenne de 30 milles FC le jour à déposer dans un panier commun gardé par l’ONGDH ISPRON.

« Par jour nous pouvons sillonner 100 parcelles. Nous formons six équipes. Et chaque équipe apporte le fonds récolté chez ISPRON pour l’achat des vivres à partager aux déplacés » précise-t-il pour sa part.

Retenez que les déplacés de guerre sont soulagés par l’exemption du payement des frais de scolarité de leurs enfants par les autorités scolaires de la province éducationnelle du Nord-Kivu II.

Georges Kisando Sokomeka

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