Nord-Kivu /JM du gaspillage de nourriture : les denrées alimentaires se dégradent au champ suite à l’insécurité et l’impraticabilité des routes (Ir P. Mapendo )

 L’insécurité dans les zones de production, l’impraticabilité des routes de dessertes agricoles sont les deux facteurs à la base de la problématique d’approvisionnement des centres urbains en vivre au dans le Kivu et en Ituri. Analyse faite par l’ingénieur Agronome PATIENT MAPENDO, qui a travaillé dans plusieurs programmes de sécurité alimentaire dans ces provinces. Nous en parlons à l’occasion de la journée internationale de sensibilisation aux pertes et au gaspillage de nourriture.

Pour cet expert, l’insécurité des zones de production s’explique doublement : l’occupation de certaines entités par des rebelles causant l’abandon des espaces cultivables, et la multiplicité d’attaques des routes d’approvisionnement “je voulais citer deux facteurs importants liés à la faible production. La petite quantité qui est produite dans les différents villages n’arrive pas à atteindre les centres de consommation parce qu’il y a deux grands problèmes à soulever, notamment l’état de délabrement récurrent des routes de desserte agricole d’intérêt provinciale voire nationale. Le deuxième problème c’est l’insécurité qui agit à deux niveaux. Le premier niveau sur lequel agit cette insécurité c’est de chasser les producteurs de leurs centres. Et enfin le deuxième c’est l’insécurité sur les routes qui devaient approvisionner les centres urbains”,  explique-t-il

L’ingénieur Patient Mapendo note également que l’impraticabilité de plusieurs routes, qui  est à la base du pourrissement des vivres avant d’atteindre leur destination.  

Dans son rapport annuel publié en 2014 sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le Monde, le fond alimentaire mondial Fao démontre qu’environ un virgule trois milliards des tonnes soit un tiers de toutes les denrées alimentaires produites dans le monde sont perdues ou gaspillées chaque année.

À cette occasion, la Voix de l’UCG a donné la parole à une organisation encadrant les nécessiteux. Selon KAHINDO MUHESI NEEMA, secrétaire permanente de l’Intégration Sociale pour la Promotion des Nécessiteux ISPRON, le gaspillage irrationnelle de la nourriture par certaines personnes est la preuve de la mauvaise volonté et du manque d’amour envers les nécessiteux. Néanmoins, elle remercie la population de la ville de Butembo pour les actions de charité envers les nécessiteux: “Nous disons que s’il y a réellement ceux qui jettent la nourriture à la poubelle, nous les appelons de venir prendre quelques déplacés ici pour qu’ils les aident à manger. Soit tu fais une demande  à l’Ispron on te fait une personne à nourrir”,  a-t-elle précisé, en ajoutant  que l’aide reçue par ISPRON provient en grande partie des volontaires, les autorités n’interviennent que pour octroyer des documents officiels à ceux qui en manquent, l’aide des organisations humanitaire et presque inexistante.

 

Elisha Kindy