Nord-Kivu : la force régionale de l’EAC se comporte comme un supplétif du M23 que partenaire du gouvernement (Kambale Kalisya)

A lire entre les lignes, la force régionale collabore mieux avec le M23 qu’avec le gouvernement congolais.  C’est l’analyse contextuelle de Monsieur Kambale Kalisya Nzopi, chercheur sur des questions de droit international et de géographie politique.

Parmi les éléments présentés, le chercheur cite l’entrée du contingent Kényan par Bunagana en septembre 2022 alors que ce poste frontalier est sous contrôle des rebelles, la création d’une zone tampon gérée par la force régionale et interdiction des FARDC à fouler ces zones, Kibumba, Rumangabo après le retrait des rebelles. Pour Monsieur Kambale Kalisya Nzopi, face à l’incapacité de gérer les nouvelles zones conquises, le M23 recourt ses béquilles qui ne sont autre que la force régionale de l’EAC.

« Les militaires du M23 relevés par les troupes de l’EAC, ce sont  ces militaires qui vont maintenant continuer avec la guerre sur la ligne de front. Et nous l’avons vu parce qu’avant le retrait du M23 de Kibumba et Rumangabo,  il n’y avait pas de progression  mais avec l’arrivé des forces Kenyanes installées à Kibumba et à Rumangabo les combats ont évolués jusqu’à Kichanga »

Ce chercheur appelle au même moment le gouvernement congolais à assurer la sécurité de ses citoyens afin de garantir leur droit de participer au processus électoral. Leur priver de ce droit risque de faire le lit de la balkanisation car ces citoyens vont imposer à Kinshasa leur droit à l’autodétermination, explique Kambale Kalisya.

« Nous demandons seulement au gouvernement de faire tout son possible pour que l’enrôlement soit possible, si ces gens ne sont pas enrôlés il ne faut pas encore accepter d’autres erreurs des élections. Parce que s’il y a les élections c’est-à-dire que ces hommes ne sont plus considérés par ce territoire est occupé. La situation qui a fait que la ville de Butembo(Ndlr et Beni) soit exclue des élections de 2018 suite à l’épidémie de la maladie à Virus Ebola et l’insécurité n’est pas similaire à la situation actuelle. Le territoire est occupé il suffit qu’ils(Ndlr les occupants) organisent un mémorandum et si la population signe oui, le territoire est parti c’est permis par le droit international»             

En fin, Kambale Kalisya dit ne pas comprendre la débâcle actuelle de l’armée face aux rebelles du M23 alors que le gouvernement congolais n’a plus de prétexte après la levée de la mesure de notification d’achats d’armes.

Georges Kisando Sokomeka