Nord-Kivu : La Société civile appelle à l’organisation du procès des prévenus dans l’affaire incendie de la résidence de J. Kabila et les assassins de Dr Muzoko

La société civile du Nord Kivu La société civile a tiré la sonnette d’alarme au vue des nombreuses enquêtes judiciaires qui n’ont que trop durées.

Elle s’inquiète particulièrement  de la situation des nombreuses personnes arrêtées après l’assassinat du Dr Richard Mouzoko Kiboung et dont le procès n’a toujours pas eu lieu ainsi que l’incendie de la résidence du président honoraire Joseph Kabila.

L’épidémiologiste camerounais avait été tué à Butembo le 19 avril 2019 alors qu’il travaillait pour l’OMS dans la riposte contre Ebola. Une année après le procès n’a toujours pas commencé, et la société civile craint que la longueur du temps ne donne lieu au lavage de cerveau et à toute sorte de trafic d’influence. Edgar Mateso vice-président de cette structure au Nord Kivu exprime la même inquiétude pour les autres affaires dont les procès trainent.

Edgar Mateso pense que ce temps est largement suffisant pour tordre la vérité. « Nous craignons qu’au moment de l’ouverture de ce procès, les prévenus nous disent qu’ils ont déjà oublié les évènements, ne craignons que certaines personnes rusées ne leur soufflent à l’oreille ce qu’ils doivent dire, et non ce qu’ils connaissent. Ils sont en prison, en position de faiblesse, exposés au lavage de cerveau… »

Edgar Mateso estime que c’est une honte devant le monde entier qu’un procès traine alors qu’il est « attendu aussi bien au Cameroun, en RDC et dans les Nations Unies, Dr Mouzoko étant de l’OMS. »la société civile cite également d’autres cas dans lesquels les procès trainent alors qu’il y a des prévenus jouissant encore de leur présomption d’innocence. « il y a des présumés auteurs de la résidence de l’ancien chef de l’Etat à 2017, il y a trois ans de cela des gens croupissent dans la prison. Il y a des assassins des deux militants de la Lucha tués à Beni et dont les procès trainent, même le procès des présumés auteurs de l’incendie de la mairie de Beni. Il y en a peut-être des jeunes qui ont été ramassés dans la rue parce qu’ils étaient au mauvais endroit lors du passage de la police après l’incendie et ils sont en prison. Nous demandons un procès pour que tous ceux-là puissent bénéficier de leur droit à un procès juste et équitable. »

Interrogé à février dernier par nos confrères de radio Moto à propos de l’assassinat de Dr Richard Mouzoko, le magistrat instructeur de ce dossier du côté de l’auditorat militaire supérieur près la Cour Militaire Opérationnelle du Nord-Kivu révèle que le dossier est déjà transmis à la Cour Militaire Opérationnelle.

 Cette dernière pourra fixer bientôt l’opinion sur la date du début de ce procès sur l’assassinat de docteur Mouzoko. Une source proche du parquet militaire près le tribunal militaire de garnison Butembo Beni indique que c’est à cause de Covid 19 que les audiences ne se tiennent pas.

Mais pour Edgar Mateso, cette raison ne tient pas car des dispositions en vue du respect des mesures de contingence de covid 19 peuvent être prises lors de l’organisation des audiences comme c’est le cas avec le procès Vital Kamerhe.

 Emma Kateri