Nord-Kivu : « Sans partager les recettes, les bantus et les pygmées utilisent principalement les mêmes plantes contre le paludisme et les faiblesses sexuelles. » (Prof. Eric Kasika, Etho-botaniste)

Les peuples bantous et les pygmées échangent très peu leurs recettes médicinales traditionnelles. Néanmoins, confrontées à certaines maladies communes comme la malaria et la diarrhée, ces peuples utilisent certaines plantes communes. C’est que révèle une enquête ethnobotanique réalisée par le Professeur Eric Kasika.

« Echange d’expériences d’utilisation des plantes médicinales entre peuples forestiers. Le cas des pygmées et bantus Nande en territoire de Beni et Lubero », c’est la recherche menée par le spécialiste phyto-écologie, écologie et gestion des ressources végétales, Professeur Eric Kasika, présenté dans une conférence de haute facture à l’Université Catholique du Graben tenue le samedi 5 juin, journée dédiée à l’environnement.

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Une insuffisance des médecins dans les villages, la pauvreté, l’insécurité poussent les peuples forestiers à recourir plus à la phytothérapie qu’à la médecine moderne a constaté le professeur Kasika. Ainsi, il a cherché à savoir si deux groupes culturels différents peuvent avoir des échanges en matières médecinales car étant tous penchés vers la médecine traditionnelle mais aussi puisqu’étant confrontées aux mêmes maladies.

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Les résultats sont tels que les pygmées et bantus de Beni-Lubero font très peu d’échanges même s’ils utilisent les mêmes essences contre certaines maladies.

« Le kasuku, le kiki et le mukunykunyu sont les plus utilisés par les deux peuple pour guérir le paludisme. 50 pourcents de plantes médicinales de deux cotés sont orientés vers le paludisme. Normal car nous sommes dans une zone tropicale où sévit endemiquement cette maladie.  De même ils utilisent les mêmes plantes comme aphrodisiaque avec une efficacité avérée.», souligne l’expert etho-botaniste, Prof Eric Kasika.

L’enseignant en faculté des Sciences Agronomiques à l’UCG reconnait l’efficacité des certaines plantes médicinales mais appelle à la prudence face au charlatanisme de certains tradi-praticiens.

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HERVE MUKULU

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