RDC : la Surveillance Intégrée de la Maladie et Riposte SIMR, une stratégie efficace mais en difficulté à l’Est de la RDC   (Dr Olivier Kavulikirwa)

La fragilité sécuritaire et le faible engagement communautaire lié à la crise de confiance entre les communautés locales et les décideurs freinent la Surveillance Intégrée de la Maladie et Riposte SIMR. La SIMR est une stratégie adoptée depuis les années 90 par les États membres de la région Afrique de l’OMS. Cela a été constaté pendant les 3 épisodes de la maladie à virus Ebola. Dr Olivier Kavulikirwa, et Dr Frank Sikakulya deux enseignants de l’UCG, le révèlent dans un article paru dans la prestigieuse revue Elsevier dans sa parution du 15 mars 2022.

Les auteurs de cet article, Dr Olivier Kavulikirwa, médecin vétérinaire, spécialiste en gestion intégrée des risques et crises sanitaires dans les contextes de systèmes de santé fragile et coordonnateur de l’International One Health Alliance, et Dr Frank Sikakulya, médecin en spécialisation, notent d’entrée de jeu que l’apparition de trois épidémies d’Ebola en l’espace de 3 ans dans la région de Butembo-Beni doit inquiéter le monde. Dr Olivier explique pourquoi et revient en substance sur le contenu de l’article.

‘‘ Cela doit inquiéter le monde comme il s’agit d’un enjeu de sécurité sanitaire globale étant donné que le virus Ebola est classé parmi les virus de la classe 3 qui peut être utilisé en bio terrorisme mais aussi avec un potentiel épidémique très élevé. Suite aux épidémies récurrentes des maladies infectieuses des années 90 dont Ebola, les États membres de la région Afrique de l’OMS avaient adopté une approche de surveillance appelée « Surveillance Intégrée de la Maladie et Riposte » (SIMR). L’objectif de la SIMR était d’innover et  renforcer leur surveillance à tous les niveaux pour la détection précoce, une réponse rapide et un retour aisé à la vie normale après des crises sanitaires et autres événements  de santé publique. La RDC est parmi les Etats qui ont déjà implémenté la SIMR mais le résultat n’est pas encore optimal’’ révèlent les auteurs.

Puisant à la fois dans les outils d’application et dans l’expérience des auteurs, l’article rappelle les atouts de la Surveillance Intégrée de la Maladie et Riposte SIMR, son opérationnalisation pratique et les problèmes du système de santé congolais qui ne favorisent pas son implémentation optimale. Également, il met un accent particulier sur les particularités de l’Est de la RDC comme freins à la SIMR.

‘‘Il s’agit entre autres de la fragilité sécuritaire et le faible engagement communautaire lié à la crise de confiance entre les communautés locales et les décideurs. Il met en exergue les retard encore observés dans la détection des épidémies de la maladie à virus Ebola en donnant des orientations de sortie pour booster la surveillance en base communautaire comme plus grande force de la Surveillance Intégrée de la Maladie et Riposte SIMR.’’

L’article des deux chercheurs de l’UCG propose la digitalisation dans la SIMR et l’amélioration de l’interopérabilité des systèmes pour favoriser l’approche One Health dans la sécurité sanitaire de la région conformément au Règlement Sanitaire International.

Emmanuel KATERI

 

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