RDC : le CT Kighusu Kambale prévient sur les défis auxquels sera confronté le programme de développement de 145 territoires

« Le programme de développement de 145 territoires de la RDC sera confronté au défi de coordination des actions, en ce sens qu’il risque de créer la confusion entre les compétences du gouvernement central et celles des Assemblées provinciales ». C’est en tout cas ce que pense le Chef de travaux Kighusu Kambale, expert en développement et planification décentralisée. Il l’a dit, jeudi 24 mars dernier à la Voix de l’UCG, au lendemain de la présentation de ce programme aux députés de 26 provinces réunis à Kinshasa.      

Dans une interview accordée, le Chef de travaux Kighusu Kambale salue d’abord ce qu’il qualifie de prise de conscience par le gouvernement qui s’est finalement rendu compte que les territoires ne bénéficient pas assez souvent aux programmes de développement qui profitent beaucoup plus aux milieux urbains.

Cependant, cet expert en développement et planification décentralisée redoute plutôt une série des problèmes auxquels sera confronté ce projet, parmi lesquels la coordination.

« Le premier problème qui va se poser est plutôt celui de coordination, parce que les provinces semblent être empalées dans un programme qui relève vraiment du pouvoir central alors qu’elles ont leurs propres programmes qui doivent être réalisés par les gouverneurs. Donc, je crois qu’il y aura une confusion entre les compétences mais aussi entre les obligations des uns et des autres », craint-il.

Outre cela, une autre difficulté se situe dans la définition de l’objectif de corriger les disparités qui existent entre les entités urbaines et les entités rurales. « Une erreur stratégique », selon le Chef de travaux, parce que, explique-t-il, la planification nationale n’a pas pour vocation de corriger les disparités entre les entités.

« La meilleure planification qui corrige les disparités entre les entités c’est la planification locale ou du moins régionale. Donc, c’est une planification qui permet d’adapter le plan national aux réalités de chaque province ou de chaque entité locale. Donc, à ce niveau-là on ne peut pas envisager un programme de développement des territoires comme solution aux disparités entre les entités », explique cet expert en développement et planification décentralisée.

Plus d’un milliard de dollars américains seront mobilisés pour ce projet, mais une bonne partie des fonds est attendue des partenaires ; ce qui est un autre défi qui risque de retarder sa réalisation.

Pour le Chef de travaux Kighusu Kambale, il faut plutôt envisager la politique de partenariat public privé soit avec le pouvoir central soit avec les provinces.

«Je pense qu’il faut exploiter la politique du partenariat, ça peut être public-privé, comme ça peut être aussi entre le pouvoir central et les provinces parce que cette matière ne concerne pas nécessairement les provinces. Donc, le pouvoir central peut conclure des partenariats avec les provinces pour que celles-ci participent à la réalisation de ce programme », conseille-t-il.   

Il faut noter que dans ce programme de développement, le gouvernement prévoit la construction des routes, des centrales hydroélectriques et solaires, des écoles et des d’hôpitaux.

Jackson SIVULYAMWENGE

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