RDC : le groupe d’experts des nations unies en RDC fait des graves révélations dans son nouveau rapport

Les conditions de sécurité et la situation humanitaire se sont dégradées en provinces du Nord Kivu et de l’Ituri. Et cela, en dépit de l’état de siège et des opérations militaires conjointes FARDC-UPDF mais aussi de la présence de la MONUSCO. C’est un constat du groupe d’experts des Nations Unies pour la RDC. Dans son rapport, le groupe d’experts fait plusieurs révélations. Voici la synthèse d’Emmanuel KATERI qui a parcouru ce rapport de 300 pages.

Le rapport du groupe d’experts des nations unies souligne d’abord, que les ADF ont renforcé leur réseau et leur influence aux niveaux régional et international, notamment en ayant recours à la propagande, ce qui leur a permis d’assurer leur financement et de poursuivre les recrutements. Le rapport parle aussi du M23 qui a refait surface aggravant les tensions dans la région et des FDLR qui ont lancé une nouvelle campagne de recrutement et renforcé leur coopération avec des groupes armés locaux. Par ailleurs, des réseaux criminels et certains membres des FARDC ont continué de se livrer au trafic de coltan non étiqueté provenant de mines du territoire de Masisi et au trafic de tourmaline provenant de la mine de Rukaza, également située dans le territoire de Masisi, et d’en tirer profit. Certaines de ces mines ont été visées par des attaques armées et certains minerais ont été introduits en contrebande au Rwanda pour y être commercialisés, précise le rapport. Ce rapport qui ne manque pas d’ajouter le temps et le lieu des exactions fait aussi état certains membres des FARDC déployés pendant l’état de siège ont déplacé de force, violé et tué plusieurs civils, et ont détruit et pillé des maisons et des centres de santé dit le rapport. Certains ont également procédé à des bombardements aériens indiscriminés, qui ont endommagé des maisons et des écoles, et blessé voire possiblement tué des civils ajoute le rapport rendu public par le conseil de sécurité des nations unies. Des mines d’or, en particulier à Mongbwalu, ont été contrôlées par des factions de la CODECO et par le groupe armé Zaïre révèle le rapport. Certains membres des FARDC y ont également taxé de l’or. Dans le territoire de Mambasa, les Maï-Maï Simba, dirigés par Mangaribi, ont extrait de l’or et en ont fait le commerce, et certains membres des FARDC ont taxé des mines, notamment à Muchacha, dans les limites contestées de la réserve de faune à okapis. La quasi-totalité de l’or extrait en Ituri a été sortie en contrebande du pays. Notons aussi cette inquiétude du groupe d’experts des nations unies à propos des accords bilatéraux de coopération militaire qui ont été conclus entre le Gouvernement de la RDC et ceux du Burundi et de l’Ouganda, lesquels ont été tardivement au conseil de sécurité et ne l’ont pas été du tout. Le rapport du groupe d’experts fait également part de la situation au Sud Kivu, au Tanganyika et ailleurs avec une ribambelle des révélations.

Emmanuel KATERI

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