RDC : l’espace politique congolais pris en otage par une classe politique aux visées pro-ethniques et familiales, selon le Professeur Muhesi.

Plusieurs acteurs politiques élus députés nationaux et provinciaux se sont aussi fait élire sénateurs et d’autres sont élus gouverneurs de provinces. Les mêmes députés, sénateurs ou encore gouverneurs ont également comme suppléants leurs épouses, leurs filles et fils voire leurs pères ou beaux-pères. Analysant ce comportement, le politologue Kahindo Muhesi Augustin estime que l’espace politique congolais est en train d’être pris en otage par une certaine classe politique aux fins pro-ethniques et familiales.

 

Les tenants du pouvoir, pour la plupart, usent de leur influence politique et de leurs moyens économiques pour favoriser un accès facile aux postes stratégiques au sein des institutions du pays, à leurs familiers ou à ceux appartenant à leurs identités culturelles, déplore le politologue Muhesi Augustin, mettant en exergue le cas du sénateur Bahati Lukwebo dont le fils est député national et sa fille élue sénatrice. Enseignant de sciences politiques dans plusieurs universités dans l’Est de la RDC, il pense que cela un frein à l’évolution du processus démocratique du pays.

Les causes profondes de ce phénomène, explique le professeur, c’est entre autres la faiblesse  de la loi électorale qui autorise à certains dirigeants à se faire élire avec des suppléants issus de leurs familles respectives, la conception substantialiste du pouvoir suscitant l’envie de la conservation à tout prix du pouvoir ainsi longtemps que l’on vit chez certains dirigeants.

Pour lutter contre ce phénomène que le chercheur qualifie de népotique, il   propose que :

« Le premier effort à faire est de réinscrire cette question au niveau de l’agenda des institutions délibératives pour qu’il y ait un débat de société qui se fasse pour qu’on arrive à interdire cette pratique.  Comment l’interdire alors que ce sont ceux-là qui ont intérêt qui la maintiennent ? Dans ce cas, il va falloir l’intervention de la société civile qui devra se mobiliser pour essayer de pousser la classe politique à adapter des réformes aux prochains débats sur la place électorale  » explique-t-il.

Député national et provincial, Bahati Lukwembo autorité morale du parti AFDC est aussi président du Sénat à côté de sa fille sénatrice et de son fils député national. Il en est de même pour Fifi Masuku, député provinciale, député nationale, sénatrice et qui vient de se faire élire aussi gouverneur de la province de Lualaba

Elisha Kindy

 

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