RDC: possibles scénarii après la démission de trois ministres proches de Moise Katumbi

La démission de trois membres du gouvernement Sama Lukonde proches de Moise Katumbi ne les dédouane pas du bilan mitigé de la gouvernance de 5 ans de Félix Tshisekedi. C’est la réaction de certains acteurs socio-politiques du Nord-Kivu au lendemain de l’annonce de la démission des ministres de transport et voies de communication, du plan ainsi que de la vice-ministre de la santé.

Leur démission à pratiquement moins d’une année de la fin du mandat ne les exempte pas du tout de ce qui s’est passé, réagit Stewart Muhindo, activiste pro-démocratie.

« Les ministres de Katumbi, y compris ceux qui lui sont restés fidèles n’ont pas fait preuve de management un peu plus poussé au sein du gouvernement. Il suffit de prendre l’exemple de Cherubin Okende, ministre de Transport et qui n’a pratiquement rien fait. Au contraire, il a davantage ruiné ce secteur. Donc, le fait qu’ils se soient retirés à pratiquement moins d’une année de la fin du mandat nous montre en fait que  eux aussi sont comptables de tout ce qui s’est passé puisque pendant assez longtemps ils ont été ensemble avec Félix Tshisekedi », affirme l’activiste.   

Et d’ajouter, « ceux qui sont à l’opposition aujourd’hui ne constituent pas une alternative crédible pour le salut des citoyens congolais, victimes de la mauvaise gouvernance politique depuis plusieurs années ».

De son côté, le Professeur Kahindo Muhesi Augustin, enseignant en faculté de sciences politiques à l’UCG pense que les démissionnaires sont à la fois comptables et non du bilan du régime Tshisekedi.

« Oui, dans la mesure où ils auront eu au moins le courage de démissionner, ce que nombreux ne vont pas faire. Non, puisque à part le bilan global du gouvernement, chaque ministre étant responsable de son ministre, il y a lieu de faire un bilan de prestation individuelle de chaque ministre. Si je vois par exemple celui de Transport et Voies de communication, beaucoup de voix ce sont levées pour exiger sa démission lorsque nous avons connu beaucoup d’accidents dans son secteur », commente le professeur des sciences politiques.

A la question de savoir quelle incidence ces départs pourraient avoir sur le gouvernement, le politologue évoque deux scenarii possibles. Le premier consiste au réaménagement ministériel pour combler les vides et le second, c’est la possibilité d’un remaniement de tout le gouvernement, et cela en tenant compte du degré de loyauté des uns et des autres envers le Chef de l’Etat pour trouver des hommes et femmes capables de lui apporter un soutien indéfectible lors de prochaines élections.

« Il y a encore dans ce pays des hommes sur qui on peut compter », rétorque brièvement à La Voix de l’UCG Promesse Matofali, cadre du parti Ensemble pour le République de Moise Katumbi.

Jackson SIVULYAMWENGE