RDC/ Rentrée parlementaire : l’utilité de l’état de siège face aux massacres qui s’accentuent, ces supplétifs utilisés par l’armée contre le M23, le ministre de la défense devrait rentre compte suggère le Prof Nissé

Rentrée parlementaire en RDC, les députés nationaux appelés à interpeller le ministre de la défense par rapport l’activisme de l’ADF, à la guerre contre le M23 et leurs parrains rwandais mais aussi sur  l’utilisation des supplétifs issus des groupes armés communément appelés « wazalendo ». Avis du Professeur Nissé Nzereka Mughendi, spécialiste de questions sécuritaires et enseignant à l’UCG. La Voix de l’UCG l’a rencontré au lendemain de l’ouverture de la session de mars du parlement.

 

Le professeur Nissé Mughendi attend des députés l’interpellation du ministre de la défense de la RDC. Il pourrait s’expliquer sur l’utilité de l’état de siège avec l’activisme des ADF et l’agression de la RDC par le Rwanda. Sur la question des supplétifs par exemple, la RDC n’étant pas à sa première expérience dans l’utilisation des milices, elle devrait évaluer les anciennes expériences avant de s’engager dans l’utilisation de ces groupes armés pour faire face à l’agresseur recommande le professeur Nissé. Il rappelle par ailleurs, que depuis les années 1999, le gouvernement recours à la même pratique, mais n’a jamais été en mesure de gérer efficacement ces groupes armés après. D’où son appel à clarifier sa politique de défense. Le professeur Nissé demande ainsi aux députés d’amener le gouvernement à clarifier cette politique. ‘‘ Les députés devraient demander au gouvernement d’évaluer sa politique de défense. Ils devraient carrément demander au ministre de la défense pour qu’il explique sa vision, qu’il dise comment il attend utiliser ces groupes et quelle évaluation il fait des expériences passées. Les députés devraient aussi réexaminer la question de l’état de siège parce qu’apparemment l’insécurité s’accroit au Nord Kivu malgré l’état de siège. Le M23 a été vaincu en 2013, le Nord Kivu n’était pas sous état de siège. Les massacres s’accentue, c’est pendant l’état de siège’’  fustige-t-il.

Sur un autre chapitre, le professeur Nissé Mughendi commente le retrait du M23 de certains axes et l’accentuation des massacres à Beni en n’écartant pas l’éventualité d’une probable connexion.

‘‘ Si on se replonge dans l’histoire, la défaite du M23 à 2013 les a fait fuir en Ouganda et au Rwanda. Et à 2014, les massacres de Beni ont commencé. Il y avait parmi les massacreurs, des locuteurs du Kinyarwanda. Maintenant que les ADF sont déstabilisés par l’entrée de l’UPDF, le même M23 a relancé les opérations à Rutshuru. Il n’est pas exclu que certains fassent des va et vient entre Beni et Rutshuru. Ou qu’il y ait certains intérêts comment en partage’’ lance le Professeur Nissé Mughendi.

Le prof Nissé estime que les députés peuvent, dans les limites de leurs attributions, faire pression pour une meilleure prise en charge de la question sécuritaire à l’Est de la RDC.

Emmanuel KATERI