Butembo : Première journée ville morte réussie mais…

Timide journée au centre-ville de Butembo ce lundi 6 septembre 2021 suite à un appel à deux jours sans activités. Le groupement des associations et mouvements dans la zone sous État de siège à décrété deux journées ville morte pour ce lundi 6 et mardi  et 7 septembre 2021. Deux journées de méditation à domicile en hommage aux victimes de l’insécurité à Beni et en Ituri. Particulièrement, les victimes des incendies répétitifs sur la route Beni-Komanda. Un appel respecté par la quasi-majorité des offices et commerces au centre ville. Une réussite pour les organisateurs mais tous les mouvements citoyens ne sont pas du même avis.   La Voix de l’UCG a fait un constat. Lisez ce narratif.

La majorité des commerces situés sur les artères principales de la ville de Butembo n’ont pas ouvert. Pour les galeries, même les grilles extérieures sont restées closes. Les boutiquiers étaient postés devant leurs shop sur la rue entrain de converser. Sur les avenus secondaires, certaines boutiques ont ouvert à partir de 10h avec une porte semi-ouverte. Les parkings des motards étaient vides. Les motards en service ne portaient pas de gilet. Les grandes entreprises comme les banques ont fonctionné en Guichet fermé ! Néanmoins, les marchands détaillants ont etallé leurs marchandises sur la chaussés du boulevard président de la République, boulevard Julien Paluku et rue Denis Paluku. Alors que la journée était un appel à la méditation à domicile, les rues du centre ont connu une certaine circulation.

« Sans forcer personne, tout le monde à respecter le mot d’ordre. Nous remercions toute la population de Butembo qui a compris qu’il faut se libérer. Et nous mettons en garde les peu qui ont tenté d’ouvrir leurs commerces. Demain aussi nous devons méditer à la maison », a dit Frank Mukenzi , porte-parole des organisateurs.

Si la journée est une réussite pour les organisateurs, le mouvement antigang pense le contraire. « Le fait que les boutiques sont fermées n’est pas nécessairement un signe d’adhésion des commerçants au mot d’ordre. Les commerçants ont peurs des voyou qui préparer pour vandaliser leurs commerces », pensent Charles Lwanga du mouvement Antigang. Il propose qu’il faille plutôt orienter les actions autrement : « Les villes mortes ont déjà montré leurs limites. Il  faut plutôt des actions politiques comme faire pressions sur les députés afin qu’ils fassent leurs travail. »

Rappelons que c’est la deuxième fois que des associations appellent à des journées ville morte depuis l’instauration de l’état de siège le mois de mai dernier. Même si cet état exceptionnel limite certaines libertés, plusieurs couches sociales dénoncent le fait que rien n’a changé ou que les choses deviennent pire qu’avant l’état de siège. Certains élus provinciaux du Nord-Kivu réclament que l’état de siège soit levé ou au moins, reconfiguré.

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