Butembo : les kits de lavage de mains en voie de disparition dans les lieux publics deux ans après Ebola

Les kits de lavage de mains sont en voie de disparaître dans presque tous les lieux publics de Butembo. C’est à l’instar du marché central. Constat réalisé ce jeudi 5 mai 2022 par la Voix de l’UCG en marge de la journée mondiale de l’hygiène de mains.

Il n’y a plus rien dans toutes les entrées du marché central, deux ans après la déclaration de la fin de l’épidémie d’Ebola en avril 2020. Tous les kits de lavage de mains donnés à la population par les partenaires du gouvernement lors de la riposte contre cette épidémie ne sont plus en place. Situation presque similaire dans les écoles et les autres lieux publics. « C’est un grand danger de santé publique même si l’épidémie d’Ebola est déjà éradiquée », prévient l’assistant Kaghoma Benjamin de l’école de santé publique de l’UCG et expert dans certaines organisations.

« Cela constitue déjà un danger pour la santé du public. Imaginez-vous, les kits qui ont été dotés par les partenaires ne sont plus visibles, c’est-à-dire chacun vient avec tout ce qu’il transporte sur ses mains, et puis rarement sont les gens qui utilisent le gel hydro alcoolique pour désinfecter les mains. Imaginez un secteur comme le milieu universitaire par exemple, ou l’école primaire ou encore secondaire où vers 11 heures ou 12 heures, il faut qu’on se soulage, mais on revient de là sans se laver les mains. C’est vraiment un danger, un danger sur le plan sanitaire », prévient-il.

Par contre, dans les formations sanitaires, les kits restent intacts et parfois remplacés. A l’hôpital Matanda par exemple, le lavage des mains reste obligatoire pour toute visite, et la pratique est restée ancrée dans le mental de la population, témoigne Kisughu Oscar, hygiéniste à cet hôpital.

« Tous les piétons, à leur arrivée ici et avant d’accéder à l’intérieur, se rappellent qu’il faut se laver les mains. Mais, pour ceux qui viennent en moto, nous sommes obligés de leur demander de se laver parce qu’ils résistent. Les autres, eux, on ne les oblige pas, mais les motocyclistes, il faut les forcer, même si certains d’entre eux nous échappent. Mais, de façon générale, c’est devenu une habitude », confirme Kisughu Oscar.

Notons que, contrairement à la journée de lavage de mains qui se célèbre le 15 octobre, la journée mondiale de l’hygiène de mains est célébrée le 05 mai de chaque année. Son but est de maintenir une visibilité mondiale autour de l’importance de l’hygiène des mains dans les établissements de soins et dans les communautés.

Jackson SIVULYAMWENGE

 

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