Ladies first : Aline Mbalutwirandi, seule femme architecte à Butembo, livre le secret de son combat dans un métier à prédominance masculine

Il est encore difficile dans notre région de faire confiance à une femme pour la construction des ouvrages ou des bâtiments. Même quand elle a son diplôme universitaire, les habitudes du milieu sont telles que plusieurs personnes doutent des capacités des femmes pour un travail technique, surtout un travail d’architecture ou d’ingénierie. Et cela est l’un des défis à relever pour la seule femme architecte de la région. Aline Mbalutwirandi est encore seule femme architecte dans un domaine à prédominance masculine. Elle se veut assez courageuse pour tirer son épingle du jeu. C’est l’objet de notre chronique ladies first de ce mois de mars, mois de la femme.

Aline Mbalutwirandi, la trentaine révolue, assistante à l’IBTP et dans plusieurs autres institutions d’enseignement supérieur et universitaire, est une femme pleine d’ambitions. Pour elle, le courage et la détermination payent. Après la section littéraire au secondaire, Aline Mbalutwirandi s’inscrit à l’IBTP malgré les critiques de son entourage selon lesquelles, une femme, ayant fait les lettres de surcroit, ne peut pas faire la technique. Déterminée, elle ne baisse pas les bras, travaille dure au milieu de plusieurs hommes et décroche des sacrés bonnes côtes. Après 6 ans d’études, elle est nommée assistante et commence la carrière enseignante et d’architecte. Comme architecte, Aline fait face à une clientèle pas prête à faire confiance à une femme. Finalement, elle s’impose par le travail et se confirme sur terrain.

‘‘ Certains nous font confiance, mais la plupart refusent. De plus en plus les gens s’habituent à voir des femmes ingénieurs en bâtiment. Ils nous acceptent surtout quand ils voient nos œuvres, notre talent.’’

Architecte Aline Mbalutwirandi se réjouit du nombre croissant des femmes dans les institutions techniques. Son combat, c’est d’encourager les autres femmes à faire des études d’architecture.

‘‘ Les statistiques évoluent bien à l’IBTP, même si le nombre est encore très insignifiant. A l’IBTP par exemple, il y a une cinquantaine des filles sur près de 1000 étudiants. Maintenant je me bats pour qu’il y ait beaucoup plus des filles. C’est ça mon combat. Je veux voir des ingénieurs femmes. Ce n’est pas une fierté pour moi d’être seule femme architecte.’’

Mariée, Architecte Aline estime que pour concilier le ménage et la profession, il est plus question d’entente et de dialogue au foyer.

Aline Mbalutwirandi est pleine d’ambition et voudrait devenir Dr en architecture pour participer à la formation de la relève comme professeure.

Emmanuel Kateri

WP Radio
WP Radio
OFFLINE LIVE