Nord-Kivu : un jeune producteur des champignons pleurotes se fixe l’objectif de nourrir la ville de Butembo

« Nourrir toute la ville de Butembo et ses environs d’ici une année ou deux ans au plus tard », c’est l’objectif que s’est assigné monsieur Richard Mbugheki à la tête d’une nouvelle startup spécialisée dans la production de champignons et la multiplication des mycéliums à Butembo. A seulement quelques mois de sa création, la production est passée de 50 à près de 90 kilogrammes de champignons par mois.

37 ans révolus,  Richard Mbugheki passe sa journée à collecter  les carottes de maïs, les fientes de poules, les feuilles mortes de haricots, du riz et de bananiers qu’il utilise comme intrants. Le processus de production passe par  leur trempage, suivi de l’entassement  dans les sachets en suite  la pasteurisation et l’ensemencement avant de les placer dans une chambre noire, « le processus dure entre 30 et 45 jours », explique-t-il.

« De la préparation à la récolte, le processus dure environ 1 mois et demi et la production est de 60 kilogrammes en moyenne, c’est-à-dire qu’elle peut aller au-delà  de 60 kilogrammes ».

Alors que cette startup dénommée Bio Mushroom Business, (BMB) n’a que quelques 6 mois, sa marque de champignons devient de plus en plus sollicitée.

« Nous avons des partenaires tels que l’hôtel Believe, la TID, des honorables et des privés qui connaissent l’importance nutritionnelle des champignons. D’habitude, les commandes nous arrivent avant même  la récolte, c’est-à-dire que la demande est trop élevée par rapport à notre offre », ajoute Richard Mbugheki.

Les champignons tout comme les mycéliums de la BMB sont exposés dans certains supermarchés de Butembo à l’occurrence Maarifa Market. Ils sont aussi sollicités à Beni, Oicha et Kasindi dans le territoire de Beni, et très prochainement le jeune homme compte multiplier  trois fois sa production.

« Dans une année ou une année et demi nous comptons multiplier notre production. Notre objectif, c’est d’abord lutter contre la famine parce que les pleurotes c’est une légume qui a des protéines végétales 5 fois plus que d’autres légumes. Ensuite nous voulons lutter contre le chômage, voilà pourquoi vous avez vu ici des élèves qui sont en train d’apprendre, nous voulons qu’ eux aussi soient économiquement indépendants et qu’ils commencent à produire », envisage-t-il.  

Père de deux jeunes demoiselles, Richard Mbugheki vit essentiellement de la myciculture, la commercialisation de mycéliums et la transformation, des choses auxquelles il s’est spécialisé après avoir arrêté ses études en G2 de santé publique à l’université faute de moyens financiers.  Il encourage les jeunes diplômés à entreprendre et décourage ceux qui demandent l’emploi.

Jackson SIVULYAMWENGE