Presse : Neutralité ou objectivité, le CT Umbo Salama explique les défis liés à ce credo journalistique

La neutralité journalistique est un credo difficile à atteindre, c’est pourquoi on lui préfère  l’objectivité. En marge de la journée internationale de la Neutralité, célébrée chaque 12 décembre,  le CT Umbo Salama nous parle des contours de ce pilier du métier de journalisme dans un contexte du Nord-Kivu. 

En journalisme, la neutralité ou l’impartialité consiste souvent à donner la parole à toutes les parties protagonistes pour que l’auditeur ou le lecteur se fasse sa propre opinion, souligne l’enseignant en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université de l’Assomption au  Congo.

«Pour la plupart des cas on parle de la neutralité quand quelqu’un n’a pas de partie prie. Il n’a pas de penchant ni pour l’un ni pour l’autre. Donc il se force d’être au milieu du village. Comme la neutralité a beaucoup de contraintes, c’est pourquoi dans le traitement journalistique on demande à contacter toutes les parties au conflit. Ce qui permet à ce que le journaliste ou le média puisse faire un effort de tenter de rester neutre dans un problème, un phénomène ou un fait», explique-t-il.

Les défis de la neutralité sont nombreux, c’est pourquoi on lui préfère l’objectivité. Néanmoins, en dehors de ce credo de presse, on peut ne plus être dans le journalisme.

« Si on s’en passe, on sera presque dans une sorte de propagande, de campagne politique et là ça ne sera plus du journalisme. Ça va plus vers la communication et non l’information. C’est qui est demandé que de rester dans la neutralité, c’est mieux de dire l’objectivité. Il y a des informations que pour les traiter vous êtes à l’aise et d’autres vous sentez de la pesanteur car ça touche le rédacteur en chef, votre famille, le patron du média ou la ligne éditoriale», explique l’enseignant, journaliste et chercheur Umbo Salama.

Dans un contexte de crise sécuritaire comme celui de l’état de siège, l’enseignant Umbo Salama suggère au journaliste de respecter les lois en vigueur comme celle qui interdit à la presse de donner la parole aux groupes armés. Mais cela n’empêche au journaliste de documenter ses dossiers pour les diffuser après quand la situation sera rétablie.

Hervé Mukulu