RDC, Héros nationaux : une commémoration fade et un rejet de l’héritage idéologique de Lumumba et Kabila (Prof Muhesi)

La lutte pour l’indépendance de Lumumba et celle pour la libération de la RDC de Kabila auraient-elles été galvaudées par les dirigeants actuels et les générations présentes? C’est l’impression qu’a le professeur Augustin Muhesi, docteur en sciences politiques que La Voix de l’UCG a interrogé à l’occasion le 16 et 17 janvier de la commémoration de la mort de Laurent Désiré Kabila et Patrice Emery Lumumba.  Une commémoration superficielle et  un rejet de la lutte de ces deux héros nationaux, juge le professeur Muhesi.

 

Kabila et Lumumba font partie des symboles de la république et le retentissement de leur lutte va au-delà des frontières nationales. En Russie par exemple, l’Université de l’amitié des Peuples ou université Lumumba est un signe que l’aura du père de l’indépendance de la RDC va au-delà de son pays.  Aujourd’hui, soixante une années après, la journée qui célèbre cette icône ne propose qu’une commémoration superficielle, fait remarquer le professeur Muhesi. De même pour Laurent Désiré Kabila, dont seule la famille proche se donne le devoir d’organiser quelques activités, se plaint le doyen de la faculté des sciences politiques de l’UCG. ‘‘ Une commémoration superficielle, pourtant ces deux personnalités ont été porteuses des  valeurs. Et lorsqu’on regarde la réalité en face, on se rend compte qu’on n’y accorde pas de l’importance. C’est vrai avec Lumumba, le régime en place a promis de construire une ville en sa mémoire, mais ça ne reste qu’une promesse.  Pour Kabila, j’ai l’impression que c’est plus sa famille avec la fondation Mzée qui essaye de faire quelque chose.’’

Par ailleurs, l’agir des politiques actuels ferait croire qu’il y a un rejet de l’idéologie de ces grands hommes qui serviraient plutôt de modèle regrette le professeur Muhessi.

‘‘ On retient de Kabila qu’il disait, ne jamais trahir la nation. Mais est ce que l’agir des acteurs politiques qui gouvernent aujourd’hui prouve qu’on ne trahit pas la nation ? On a l’impression que c’est tout le contraire. La trahison caractérise la gouvernance.  Dans la gestion des biens publics, des finances publiques, la complicité dans les massacres de Beni… On peut citer plusieurs cas de trahison dans le chef de ceux qui dirigent. Au sein du gouvernement comme on sait des autres services comme l’armée. Lumumba qui a milité pour l’indépendance croyait en une RDC forte, capable décoller de ses propres ailes à partir de ses nombreuses ressources. Mais aujourd’hui, c’est la politique de la main tendue. On voit le président de la république voyager sans relâche, tendre la main au lieu de nous montrer que comme Lumumba l’a dit, nous pouvons vivre de nos ressources’’.

La journée du 16 tombée un dimanche a été célébrée le samedi 15 janvier. Et le lundi 17 janvier a commémoré le 61e  anniversaire de la mort de Lumumba. Mais un constat à Butembo, les activités commerciales ont partiellement fonctionné. Ce qui a attiré l’attention de La Voix de l’UGC, c’est la présence des agents de roulage dans certains carrefours non seulement pour réglementer la circulation, mais aussi pour exiger les documents de bord. Le bureau de la police de roulage, les guichets des banques, les services de transport et voies de communication ou encore la Société nationale d’Assurances Sonas étant supposés fermés, l’observateur se demande où est ce que les conducteurs non en règle payeraient les pénalités ou les documents de bord. ‘‘C’est de la tracasserie en ciel ouvert’’ a commenté un jeune homme interrogé après avoir été sommé de laisser quelques billets de banque à ces agents de la Police de Circulation Routière PCR en service un jour férié pour demander les documents de bord.

Emmanuel KATERI

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