RDC : retrait accéléré de la MONUSCO, « le moment est mal choisi »

Alors qu’il s’apprête aux élections couplées de décembre 2023, le gouvernement congolais demande l’accélération du retrait  de la MONUSCO de la République démocratique du Congo (RDC) à la fin de cette année 2023. Pour le politologue Fréderic Amani, chercheur associé en sciences politiques de l’Université de Lubumbashi, cette démarche est tout à fait souveraine mais elle tombe dans un contexte de tensions pré-électorales qui requiert l’arbitrage de la Mission des Nations Unies pour la  Stabilisation du Congo, (MONUSCO).                     

Dans sa lettre du 1er septembre 2023 adressée, au nom du gouvernement congolais,  au Président du Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre congolais des affaires étrangères Christophe Lutundula  réitère au Conseil de sécurité des Nations Unies l’option levée par la République démocratique du Congo d’accélérer et d’avancer à la fin de 2023, le retrait échelonné, responsable et durable de la MONUSCO. De l’analyse du politologue Fréderic Amani, le gouvernement congolais est dans une démarche légale en tant qu’Etat souverain et ce, au regard des résultats mitigés de cette mission de l’ONU, mais, d’après lui, le moment est mal choisi.

« Il ne faut pas oublier que d’ici décembre 2023 la RDC organisera les élections et elle aura surement besoin de l’accompagnement et du soutien de la MONUSCO, surtout dans les zones reculées où l’autorité de l’Etat n’est pas assez effective. Et qui parle élections en Afrique, c’est aussi un moment de tensions et des troubles et que la MONUSCO serait là comme arbitre afin que ces troubles ne puissent pas déranger la quiétude sociale », démontre-t-il.

Faisant allusion à la récente manifestation violemment réprimée par l’armée à Goma, l’analyste fait observer que la situation est déjà précaire et que le pays risque de sombrer dans le chao. Ainsi, propose-t-il la mise en place d’un cadre de concertation gouvernement-MONUSCO-Société civile.

Pour la RDC, dans le contexte délétère des tumultes politico-militaires de l’heure, le gouvernement estime que l’accélération du retrait progressif de la MONUSCO en ramenant son démarrage à l’horizon 2024 c’est-à-dire à la fin de l’année en cours s’impose pour non seulement désamorcer les tensions toujours croissantes entre elle et la population congolaise et expérimenter d’autres mécanismes de collaboration avec les Nations Unies mieux adaptés aux circonstances du moment, mais aussi consolider le partenariat avec l’ONU pour la paix sur base des besoins et priorités de la RDC.

Pour ce faire, poursuit le chef de la diplomatie congolaise, le gouvernement congolais demande au Conseil de sécurité d’instruire le Secrétaire général de l’ONU ainsi que toutes les institutions du système onusien concernées de signer et d’appliquer, sans dilatoire ni faux fuyant, le plan de transitoire révisé de la MONUSCO dans la perspective du démarrage de son retrait à la fin de l’année en cours 2023.

Jackson SIVULYAMWENGE