Reprise unilatérale des cours à Beni, la LUCHA et la Sociv Butembo apprécient cette action des enfants soucieux de leur avenir

A Beni, élèves et écoliers organisent des séances des cours pour forcer le gouvernement à lever la mesure de fermeture des écoles et universités. Une attitude qui est saluée par le mouvement citoyen Lutte pour le Changement, LUCHA et les forces vives de Butembo. Les enfants expriment leurs ras-le-bol face à un gouvernement qui esquive ses devoirs. Alors qu’il est possible de mieux préserver les enfants de la covid 19 à l’école que dans la rue, explique Stewart Muhindo, militant de la LUCHA. Pour lui, les autorités politiques de la RDC se voilent derrière les épidémies pour cacher leur incapacité à assurer l’éducation des enfants. Il  soutient cette façon des enfants de se monter plus conscients de leurs avenirs que les autorités politiques : « C’est l’expression du ras-le-bol de la population face à une classe politique qui instrumentalise les crises sanitaires pour voiler son incompétence à apporter des solutions. On sent évidement que ce n’est pas corona qui freine la reprise des cours mais l’incompétence en charge l’éducation vue les détournements et les manœuvre en cours »

De son coté, Van Germain Katsiwa, rapporteur de la société civile Butembo, souligne que cette expression de la révolte des enfants est consécutive au fait que le Président de la république est premier à violer ses propres directives.

« C’est l’expression d’une déception du traitement que le gouvernement réserve à ces enfants. Ils veulent se libérer. Le chef de l’Etat lui ne sait pas accompagner ses décisions car il est premier à violer ses décisions. Lorsque toi père de famille tu ne sais pas respecter les règles que tu as   mis en place, tu te trouveras avec une autorité amoindrie. »

Il ajoute que ces enfants, déjà sacrifiés sur le plan sécuritaire, cherchent à sauver le peu qui leur reste.

« Ils ont compris qu’ils n’ont rien attendre de l’Etat Congolais. Ça fait longtemps que les enfants de cette région ont réclamé la paix. Ils sont compris qu’ils sont sacrifiés sécuritairement, ils ne peuvent plus accepter de sacrifier leur éducation. »

Ces deux acteurs sont tous d’accord que par rapport à la rue, les marchés, à l’église, aux bars, l’école offre le meilleur cadre pour protéger les enfants seule la volonté politique manque.

Pour rappel, c’est depuis lundi 1er février que certains enfants organisent des cours d’une manière rotative à Beni, en guise de désobéissance aux mesures gouvernementales  interdisant le fonctionnement des écoles et universités afin de lutter contre la propagation du Coronavirus.  

HERVE MUKULU

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