Nord-Kivu : la présence sur le front de certains officiers militaires accusés dans plusieurs rapports risque de sceller le divorce entre la population et l’armée (Société Civile)

La société civile du Nord Kivu dénonce encore une fois le silence du gouvernement de la RDC ainsi que de la communauté internationale en rapport avec les massacres de Beni et le drame humanitaire qui en est la conséquence. Selon Edgard Mateso son vice président, les massacres des civils ne baissent pas d’ambleur, et se rapprochent malheureusement d’un autre grand centre urbain, la ville de Butembo.

Les massacres des civils en territoire de Beni n’ont pas cessé de prendre de l’ambleur. Ils se rapprochent de la ville de Butembo par la chefferie de Bashu, la dernière à être touchée de tous les secteurs et chefferies du territoire de Beni.

Et pour Edgard Mateso, le fait de ne pas muter des militaires qui ont longtemps séjourné dans la région parmi eux des officiers suspectés de complicité avec l’ennemi et qui ont déjà fait objet des rapports d’enquêtes par les organisations nationales et internationales brise le mariage entre la population et son armée. Ce qui explique l’échec des opérations qui, depuis maintenant 7ans, n’ont pas permis de mettre fin au phénomène de tuerie des civils à Beni.

‘‘ Nous avons l’impression de ne pas être écouté parce que depuis longtemps, la société civile n’a cessé de dire, tous ceux qui ont été recruté dans l’armée à partir des groupes rebelles, M23, CNDP et autres, tous ceux qui ont été cités dans les rapports des plusieurs organisations nationales et internationales, ne doivent pas apparaitre dans les rangs de ceux qui sont dans les opérations au front ou comme commandant. Ils doivent être amenés loin de cette zone de conflits car ils sont impliqués d’une manière ou d’une autre. Ce qui est certain est qu’il ya des complices au sein de l’armée et au sein de la population. Leur présence fait qu’on ait plus confiance à l’armée. Et ce manque de confiance risque de sceller le divorce entre l’armée et la population. Or la victoire sur l’ennemi ne peut venir que de la confiance là.’’

Les massacres continuent et s’avancent vers un autre centre urbain, la ville de Butembo. Les dernières tueries ont en effet eu lieu à moins au moins 15 km de Butembo, ville indexée par un général de l’armée d’être la base arrière des ADF.

Par ailleurs, depuis la mutation dans cette zone d’un commandant des FARDC suspecté dans plusieurs rapports de ne pas avoir des mains propres dans l’insécurité à l’Est de la RDC, voilà les massacres qui s’étendent dans cette chefferie. ‘‘Le gouvernement fait express parce qu’il est en possession de tous ces rapports et ne veut pas nettoyer l’armée’’ dénonce Edgard Mateso.

Edgard Mateso regrette par ailleurs que les nombreux déplacés qui fuient les massacres ne sont pas assisté suffisamment par les humanitaires qui n’ont pas afflué nombreux dans la région comme c’était le cas pour Ebola ou pour l’éruption du volcan Nyirogongo alors que chaque jour ou presque des personnes sont massacrés, des villages incendiés et des véhicules brulés.  ‘‘ On ne voit pas ici l’engouement du gouvernement, des humanitaires ou de la communauté internationale comme on l’a vu en territoire de Nyiragongo lors de l’éruption du volcan. Or cette même mobilisation pouvait être orienté à Beni om des milliers des personnes sont en déplacement et souvent sans assistance. Le plus regrettable est qu’on est même arrivé à banaliser ces massacres’’ regrette le vice président des forces vives du Nord Kivu.

C’est depuis 7 ans que d’odieux massacres des civils se déroulent à Beni et n’ont pas cessé de se poursuivre en dépit des opérations lancées contre les présumés rebelles ADF accusés d’en être auteur dans cette zone qui connait également un afflue des personnes qui s’y installent en masse en venant comme ils prétendent, du sud de la province du Nord Kivu.

Emmanuel Kateri

 

 

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