Beni/JM des personnes disparues: des familles peinent à oublier leurs proches kidnappés

Les enlèvements des personnes sont rapportés presque chaque jour en territoire de Beni. Conséquence du phénomène ADF dans cette région depuis 2010. Aujourd’hui 12 ans après, des centaines de milliers de familles qui ont déjà perdu leurs proches peinent à les oublier. La Voix de l’UCG s’est rendue dans certaines familles en localité de Mbau à l’occasion de la journée mondiale des personnes disparues célébrée le 30 août de chaque année.

Madame Masika Lyasire la trentaine révolue habite en localité de Mbau. Très récemment,  elle a perdu son grand frère enlevé par des rebelles ougandais ADF. C’est dans la douleur qu’elle  accepte enfin de nous livrer ce témoignage.

« Il s’était rendu au champ. De retour, il a été enlevé cela fait presque six mois »,

Six mois, une année, deux ans ou plus ; des enlèvements des personnes sont rapportés presque chaque jour en territoire de Beni depuis 2010. C’est à l’image de Matsozi Mbayahi Edgard qui depuis 2013 n’a aucune nouvelle de ses cinq enfants.

« Mon fils aîné et son petit frère ont été tous enlevés dans leurs champs en brousse. On les avait retrouvés à l’usine d’extraction de l’huile de palme et cela-même qu’ils avaient été kidnappés en juillet 2013. Et très récemment, en 2016 nous avons perdu un autre, le seul que nous avons inhumé dignement. De tous mes propres enfants, cinq sont déjà portés disparus. Les quatre kidnappés le même jour à la même occasion et le cinquième nous l’avons récemment inhumé en 2017 », témoigne-t-il les larmes aux yeux.

Huit ans après,  Matsozi Edgard commence petit à petit à perdre espoir.

« Avec toutes ces détonations qui proviennent de la brousse nous ne savons pas s’ils peuvent encore être en vie.  Cela relève désormais du mystère de Dieu. S’il nous les ramène vivant ou s’ils sont déjà morts, tout dépend de sa volonté », soupire-t-il.

Créée depuis 1983, la journée mondiale des victimes de disparitions forcées ou encore journée mondiale des personnes disparues est une occasion de rappeler que des centaines de milliers de familles se sont séparées à cause des conflits armés et de catastrophes.

Jackson SIVULYAMWENGE

 

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