RDC : les sondages ne font pas les élections, ils peuvent faire objet de manipulation (Prof Muhesi)

La crédibilité des sondages d’opinion qui circulent sur la toile depuis une semaine autour de la présidentielle et des législatives nationales prévues en 2023 en République démocratique du Congo est discutable.  Pour le Professeur Kahindo Muhesi, enseignement en sciences politiques, il y a à s’interroger sur la méthodologie utilisée pour aboutir aux résultats publiés dans des réseaux sociaux.

Depuis une semaine, des brigades numériques des acteurs politiques et une journaliste de Kinshasa publient les résultats des sondages de la présidentielle de 2023. Sondages qui placent Félix Tshisekedi en tête avec 61.8% des voix.

 

Pendant ce temps, en ville de Butembo, la Représentation des Étudiants du Congo, (RDC), a effectué une série de sondage en rapport avec les prochaines compétitions électorales au pays prévues en 2023.  Ce sondage a couvert les 28 quartiers de la Ville de Butembo à raison de 200 personnes par quartier âgées de 18 ans et plus, qui fait un échantillon de 5600 personnes dont 2988 femmes et 2612 hommes. La question de l’enquête était de savoir si les élections se passaient demain, qui allez-vous voter ? 23 noms ont été cités sans tenir compte de la députation nationale ou provinciale. Pour le Professeur Kahindo Muhesi Augustin, il y a lieu de s’interroger sur la crédibilité de ces sondages.

« On ne sait pas quelle a été la taille de l’échantillon pour tester ce sondage. Mais aussi on peut   se poser la question de savoir quelle est la nature des questions posées. Les questions étaient-elles comprises par les personnes sondées ou étaient-elles à leur hauteur ? Mais aussi le fait qu’on propose différentes réponses, c’est comme si le sondage contraignait la personne sondée à pouvoir choisir parmi les réponses proposées », explique le Professeur.

« Effectivement on peut recourir au sondage pour se faire la santé politique. On peut donner l’argent à un institut de sondage pour qu’il publie des résultats à votre faveur », ajoute-t-il.

« Le sondage ne fait pas les élections. Cela ne veut pas dire qu’il faut le négliger ou   placer foi au sondage », conclut Kahindo Muhesi Augustin.

Retenez que le stade actuel du processus est au niveau de la cartographie opérationnelle, étape franchie par la CENI consistant à identifier physiquement les centres d’inscriptions. La prochaine étape consistera à la révision du fichier électoral avant les élections constitutionnelles annoncées pour décembre 2023.

 

Georges Kisando Sokomeka

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