Kasindi : Les faits des casques bleus de Kasindi sont une violation du droit international et les responsabilités sont à deux niveaux (Explication avec Me Richard Ndekeninge)

La question de responsabilité des faits commis par les soldats de la brigade mobile d’intervention de la Monusco lors de la traversée par la force de la douane de Kasindi,  peut être analysée à deux niveaux. Individuelle et organisationnelle. Maitre Richard Ndekeninge,  doctorant à l’Université d’Antwerp en Belgique et enseignant de droit international à l’Université Catholique du Graben donne sa compréhension de cette atteinte au droit international.

Sans nul doute, les manifestations anti-MONUSCO en cours dans la province du Nord-Kivu jettent de l’opprobre sur cette mission onusienne. Néanmoins, sur le plan du droit, les faits  de Kasindi doivent être circonscrits explique le chef de travaux Richard Ndekeninge.

« C’est sûr que cela décrédibilise les unités tanzaniennes ou même toute la mission des nations unies. Parce qu’au moment où on attend d’elle qu’elle améliore ses prestations, qu’elle commette une telle gaffe, une bévue claire comme la mission elle-même l’a reconnu, cela ne va pas arranger surement la situation. Les gens vont continuer  à trouver des arguments pour justement prouver l’inefficacité de la Monusco.  Toute la population, avec raison, a le droit  d’exiger qu’elle fasse mieux mais l’incident d’hier, à mon avis, elle n’est pas à généraliser sur toute la MONUSCO », explique le doctorant.

 

La responsabilité est à deux niveaux. Selon les accords liant les Nations Unies à la RDC, les auteurs de cette fusillade seront jugés dans leur pays, la Tanzanie pour le cas d’espèce et l’Organisation des Nations Unies devra indemniser les victimes.

«  Du point de vue du droit, on est clairement en face d’un recours excessif à la force. Les soldats de maintien de la paix sont  précisément formés sur ça.  Il y a des hypothèses extrêmement rares dans lesquelles ils peuvent recourir à la force. Je veux dire, tirer sur des personnes. C’est seulement en situation de légitime défense.  Ce qui ne semble pas avoir été le cas hier.  En tirant sur ces civils et policiers, les casques bleus  ont clairement violé leurs obligations. Ils ont violé le droit international.  Et cela va engager deux responsabilités.  La responsabilité de l’ONU  parce qu’ils agissaient sous le label de l’ONU et leurs  responsabilités personnelles. Ils seront jugés dans leur pays, la Tanzanie et l’ONU va indemniser les victimes », Souligne l’activiste des droits humains Maitre Richard Ndekeninge.

Pendant ce temps, l’incertitude règne en ville de Butembo sur la reprise effective des activités après une semaine complète sans activité pour exiger le départ de la MONSUCO. Ce lundi 01 Août certains ont commencé à peine ouvrir leurs portes en début d’après-midi et les ont refermés vers 16h craignant pour leurs propres sécurités. Les banques et les services étatiques n’ont pas ouvert suite à la célébration de la journée des parents, chaque 1e Août, une journée chômée et payée.

Hervé MUKULU

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