RDC: loi sur les autochtones, elle apporte des innovations nécessaires qui vont leurs permettre de bien jouer leur rôle de premier gardien de la biodiversité ( Butelezi K., coord Preppyg)

La loi sur la protection et promotion des droits des peuples autochtones ou les pygmées a été promulguée par le président de la République le mercredi 16 novembre 2022. Kakevire Buthelezi, coordonnateur de l’Association Paysanne pour la Réhabilitation et la Protection des Pygmées, PREPPYG, explique que cela représente un grand pas dans la lutte de la préservation de la biodiversité dont les pygmées sont les acteurs majeurs. 

Cette promulgation de la loi portant sur  la protection et promotion des droits des peuples autochtones est l’aboutissement d’une grande lutte. Car le peuple pygmée, souvent chanté comme le premier habitant du Congo, a toujours été marginalisé sur plusieurs plans,  reconnait Kakevire Buthelezi, coordonnateur  de Preppyg RDC.

«Dans le processus de l’intégration sociale des communautés nationales leur condition de vie se caractérise par  diverses formes de maltraitance et la stigmatisation qui sont à la base de leur marginalisation. Cette marginalisation se vit sur le plan politique, administratif, économique, social et culturel. Il faut savoir que les pygmées ne jouissent pas pleinement des terres qu’ils occupent ainsi que même des ressources qu’elles renferment. La dépossession de leur terre se fait souvent sans prise en compte de leur consentement. On peut se réveiller et trouver que tel a pris une concession et il n’y a pas de processus d’indemnisation pour les pygmées», explique-t-il. 

Cette loi apporte des innovations nécessaires qui vont permettre aux peuples autochtones de bien jouer leur rôle de gardien de la biodiversité. Car cette loi se penche sur certains droits.

« Le droit à la terre, l’éducation, à la participation à la gestion de la chose publique et beaucoup d’autres choses qui étaient longtemps oubliées. Nous avons trouvé que c’est une belle occasion de voir comment les peuples autochtones peuvent récupérer leur place de premier citoyen car il est reconnu comme le premier gardien ou le meilleur gardien de la biodiversité au monde», ajoute-t-il. 

Le bassin du Congo fournit des moyens de subsistance à 40 millions de personnes qui dépendent directement ou indirectement de la forêt. Parmi les communautés dépendant de la forêt, les Peuples Autochtones sont les plus vulnérables. Il est estimé que la population autochtone en République Démocratique du Congo (RDC) compte entre 600 000 et 700 000 personnes implantées dans diverses provinces : Équateur, Bandundu, Kivu, Province Orientale, Katanga, et Kasaï rapporte l’initiative pour la forêt de l’Afrique centrale

Hervé Mukulu