Butembo-Ebola : un contact à haut risque, infirmier de son état, refuse de se faire lister par les équipes de riposte

Résurgence  de la maladie à Virus Ebola en zone de santé de Biena en territoire de Lubero, dans sa cavale, un contact à haut risque ayant participé à l’enterrement du cas confirmé d’Ebola à Biena se donne à cœur ouvert à la presse.  Kambale Kikwana, nom d’emprunt, risque de rendre la tache difficile à l’équipe de riposte contre la Maladie à Virus Ebola dont le premier nouveau cas est   une femme âgée de 42 ans, agricultrice résidant à Masoya dans la zone de santé de Biena. Elle était épouse d’un survivant de la 10e  épidémie d’Ebola.

Dans une interview accordée à La Voix de l’UCG et à RMBB mardi 9 février 2021, le frère de cette femme emportée par Ebola selon le ministre de la santé, dit ne pas être prêt à se rendre auprès des équipes de la riposte. Kambale Kikwana ne donne pas de motif convaincant vis-à-vis de son attitude. Il se limite à déclarer que si et seulement si les signes de la maladie se manifestent, il pourra se présenter auprès des équipes de la riposte.

« Il est vrai que ce sont les membres du personnel soignant qui ont manipulé le corps de la victime à la morgue. Nous avons eu comme tâche d’ensevelir le cercueil au cimetière de Ndando   et on le l’a pas ouvert.  Moi personnellement je n’ai pas encore été listé. Si je le suis déjà, j’ignore la procédure. J’attends les 14 jours d’incubations du virus. Si je présente des signes de contamination, je vais me rendre aux équipes de la riposte », explique le contact à haut risque.

Le médecin chef de la zone de santé de Biena indique que les contacts sont suivis avec attention et personne n’a jusque là manifesté un quelconque signe de la maladie. Il appelle la population au calme et à respecter les règles d’hygiène.

« Il ne faut pas paniquer. Il faut garder le calme. Les mesures d’hygiène c’est notamment le lavage des mains au savon, éviter de se donner les accolades, éviter de palper les animaux, accepter que l’équipe médical puisse faire le prélèvement sur le cadavre, faire l’enterrement digne et sécurisé », a-t-il conseillé.

Pour rappel, la 10e épidémie  qui s’est déclarée le 1er août 2018 dans le Nord Kivu et en Ituri, a été la deuxième au monde par son importance et a présenté des difficultés particulières du fait qu’elle est apparue dans une zone de conflit actif. On a alors dénombré 3 470 cas, 2 287 décès et 1 171 survivants.  

Georges Kisando Sokomeka

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